Enjeu 3 : S’appuyer sur l’éducation et la formation tout au long de la vie

S’appuyer sur l’éducation et la formation tout au long de la vie, pour permettre une évolution des comportements et modes de vie adaptés au monde à construire et aux défis du développement durable

Corps

Retour au sommaire de la feuille de route

Contexte

L’éducation, quel que soit l’âge de la vie, constitue un levier central pour former, sensibiliser, informer et donner envie d’agir pour une société durable. Le monde de demain nécessite des citoyens éduqués et conscients des enjeux, notamment écologiques, et de solidarité en France et au plan international. Il doit également s’appuyer sur une population aux compétences adaptées aux nouveaux modes de production et de consommation plus durables, et aux habitudes de vie saine à tous les âges. Avoir accès à une éducation intégrant les ODD permet à chacun et chacune, quel que soit son âge, d’être acteur de l’Agenda 2030.

L’éducation est aussi le terrain sur lequel se jouent et se révèlent, souvent dès le plus jeune âge, des questions cruciales de développement durable telles que l’égalité d’accès au savoir, à l’emploi et à la santé, l’égalité femmes-hommes, la diversité et la cohésion sociale. L’éducation est parfois révélatrice, voire contributrice à certaines inégalités. Sur certains territoires, et spécifiquement dans les Outre-mer au regard des taux d’illettrisme, ces problématiques se posent avec une acuité particulière. Comme le précise notre constitution, la « Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture ». En France, l’école de la République joue donc un rôle clé pour relever ces défis mais ne peut le faire sans s’appuyer sur ses partenaires au premier rang desquels les acteurs de l’éducation formelle et informelle ainsi que de la formation continue. Le réseau des bibliothèques est par exemple un de ces relais mobilisables dans tous les territoires.

L’éducation constitue une pierre angulaire de la stratégie française pour l’atteinte les cibles de l’Agenda 2030, en France comme à l’étranger. Les politiques et actions déjà en cours telles que l’abaissement de l’âge de la scolarité de 6 à 3 ans, les politiques de lutte contre le décrochage scolaire, la politique d’éducation prioritaire (comme le dédoublement des classes de CP / CE1 en REP+), la politique d’éducation au développement durable, la loi de programmation et de réforme pour la recherche et l’enseignement supérieur, la réforme de ParcoursSup ou le plan étudiant permettent d’ores et déjà d’agir au quotidien sur le territoire national. L’éducation est aussi, avec les zones en crises, le climat, l’égalité femmes-hommes et la santé, un des cinq axes de la stratégie française d’aide au développement.

L’apprentissage tout au long de la vie est également un levier puissant de transformation pour contribuer à l’atteinte des objectifs de l’Agenda 2030, à travers le renforcement des compétences, voire le déploiement de nouveaux métiers en faveur de la transition écologique et solidaire et de la lutte contre les inégalités, notamment en lien avec la transformation numérique.


Les ambitions nationales

  • Généraliser les projets d’éducation au développement durable à l’ensemble des écoles, collèges et lycées généraux, technologiques et professionnels
  • Mobiliser des financements publics/privés pour déployer une doctrine française de l’éducation au développement durable de tous, tout au long de la vie

Les priorités

Éduquer au développement durable

Priorité 3.1 : Intégrer le développement durable au cœur du système scolaire, de la maternelle à l’enseignement supérieur

L’enseignement scolaire, obligatoire pour tous les enfants de 6 à 16 ans, est une étape centrale pour former une génération de citoyens adaptés au monde à venir.

  Engagements pris :

  • Permettre aux associations, aux collectivités, aux acteurs socio-économiques, aux organismes de recherche, de s’impliquer dans une dynamique commune de mobilisation des territoires autour des enjeux d’éducation au sens large pour la transformation culturelle nécessaire à la transition écologique via les Assises de l’éducation à l’environnement et au développement durable, organisées dans certaines régions.
  • Généraliser l’éducation au développement durable, en intégrant les thèmes et les enjeux qui y sont rattachés aux programmes d’enseignement, par le développement de ressources et de démarches de projets pédagogiques, par l’élection d’un éco-délégué par classe au collège et au lycée et enfin par la mise en place de projets et partenariats dans les écoles et établissements scolaires. Cet engagement pourra être évalué en prenant en compte la généralisation progressive du label « E3D » (Ecole ou Etablissement en Démarche de Développement Durable) et en s’appuyant sur les partenariats avec les associations d’éducation au développement durable ou d’éducation à la citoyenneté et solidarité internationale.
  • Former les enseignants aux enjeux scientifiques, pédagogiques et civiques des ODD. La formation des enseignants et des personnels d’encadrement prendra en compte tant l’évolution des connaissances scientifiques que l’attention aux diverses approches pratiques pédagogiques, dont celles de l’innovation pédagogique, tout en permettant l’épanouissement des élèves, en particulier les lycéens, acteurs engagés de la transition écologique. L’accès des enseignants aux ressources en ligne sera renforcé.

  Proposition à approfondir :

  • Prendre en compte les avancées de la « science au service des ODD » dans les programmes de licences/master en lien avec la recherche.

La circulaire EDD 2030

Publiée en septembre 2019, elle acte une nouvelle phase de généralisation de l’éducation au développement durable grâce à l’intégration des thèmes et des enjeux du développement durable (dont le changement climatique, la biodiversité, et leurs croisements avec les enjeux sociaux, comme la lutte contre la pauvreté et la faim) aux programmes d’enseignement du primaire, du collège et du lycée, à la formation des enseignants, aux projets pédagogiques et à la production de ressources pédagogiques. Elle vise à faire des 64 000 écoles et établissements des vecteurs et des lieux de transition écologique, dont chacun mettra en place, dès 2019, une ou plusieurs actions pérennes. Elle repose également sur la mobilisation des instances de la démocratie collégienne et lycéenne et l’élection de 250 000 écodélégués sur ces thématiques pour identifier de nouvelles pistes d’action. Le nombre d’École ou Établissement en Démarche de Développement Durable (label E3D) doit doubler, pour atteindre 10 000 en 2022. La formation professionnelle initiale intègre également la transition écologique à tous les diplômes.


Changer les comportements de tous

Priorité 3.2 S’appuyer sur l’éducation hors système scolaire pour changer les comportements, formation continue incluse

Hors du système scolaire de nombreux acteurs agissent pour l’éducation et notamment l’éducation à l’environnement et au développement durable ou l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale. Le cadre de l’Agenda 2030 constitue un référentiel parfaitement adapté pour catalyser ces initiatives.

  Propositions :

  • Soutenir par des financements publics et privés les associations d’éducation au changement de comportement, pour aller vers une durabilité accrue. Ce soutien sera établi dans le cadre d’une doctrine française d’éducation à l’environnement et au développement durable, dans sa dimension nationale et internationale.
  • Structurer le Service National Universel (SNU) pour permettre un parcours d’appropriation des ODD en mettant, au-delà du seul SNU, l’accent sur l’engagement citoyen en France et à l’international. Ce Service National constitue une opportunité unique de mobiliser l’ensemble d’une classe d’âge en associant État et organisation partenaires.

  Proposition à approfondir :

  • Promouvoir, dans la formation continue des personnels, comme dans la formation professionnelle des étudiants, les métiers de demain nécessaires aux ODD, notamment les convergences entre transitions numérique, énergétique et/ou écologique.

Sensibiliser et former, en ne laissant personne de côté

Priorité 3.3 : S’appuyer sur l’éducation et la formation en particulier pour ne laisser personne de côté

L’éducation est un outil indispensable pour rompre les différentes formes d’inégalités et de discrimination en France comme à l’étranger. Les organismes de formation continue, les ONG françaises actives pour l’éducation en France et à l’étranger ainsi que l’État s’engagent à :

  Engagement pris :

  • Maintenir l’engagement de la France dans le PME (partenariat Mondial pour l’Éducation) et accorder la priorité à la formation des filles et des jeunes femmes.

  Proposition à approfondir :

  • Prioriser les populations les moins qualifiées et les « décrocheurs » dans l’offre de formation professionnelle nationale et territoriale. Développer l’accès à la formation et aux métiers de l’environnement et de la transition écologique et solidaire.

Les Cités Éducatives, un projet pour lutter de façon commune contre le décrochage scolaire

En lien avec l’indicateur de sorties précoces du système scolaire qui constitue un des Nouveaux Indicateurs de Richesse de la France et une des mesures clés de la réussite de la politique éducative, le projet des « cités éducatives » a été lancé fin 2018. A la fois locale et partenariale, cette initiative vise à coordonner sur le terrain la galaxie des acteurs autour de l’école : enseignants et parents, animateurs ou médiateurs municipaux, travailleurs sociaux, professionnels des PMI, référents de parcours ou de soutien scolaires, etc. pour émanciper grâce à l’éducation les habitants des quartiers populaires.

Consulter l'enjeu 4 : Agir pour la santé et le bien-être de toutes et tous

Retour au sommaire de la feuille de route