La décennie décisive de nos engagements français et internationaux

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Le monde actuel fait face à des défis globaux inédits, qu’aucun pays ne peut affronter seul. Le 25 septembre 2015, les chefs d’États et de gouvernements réunis au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies ont franchi un pas majeur en adoptant un plan d’action d’une ampleur jamais égalée pour transformer notre monde. L’Agenda 2030 traduit en 17 Objectifs de développement durable (ODD) et 169 cibles ce que doit être notre trajectoire collective d’ici 2030, pour progresser au XXIe siècle vers un monde soutenable.

Pour répondre à cette ambition, il nous faut rompre avec plusieurs trajectoires observées. C’est prioritairement le cas de la progression de la pauvreté, des écarts de revenus et plus généralement des inégalités, qui met à mal les cohésions sociales, la démocratie et la paix. L’Agenda 2030 le souligne au travers du mot d’ordre : « Ne laisser personne de côté ». Ce principe, au cœur de notre engagement, nous l’appliquerons aux échelles métropolitaine, ultramarine et internationale ; il visera en particulier les populations les plus vulnérables ou en situation de handicap.

Ces enjeux appellent une accélération d’une transformation profonde de notre modèle de développement dans un contexte désormais mondialisé. Notre développement doit s’inscrire sous le signe d’une conception nouvelle de la prospérité dont l’étymologie fait référence au bonheur plutôt qu’à la quantité. Ceci réclame une économie nouvelle fondée sur une sobriété juste, alliant le bien-être des populations, en leur assurant une vie saine et active, la préservation du climat, de la biodiversité, des océans et des ressources naturelles. Nous encouragerons les initiatives économiques, sociales et environnementales innovantes le permettant.

Nous, acteurs de la mise en œuvre des ODD, adopterons pour cela d’autres instruments de mesure, comme nous avons commencé à le faire avec les nouveaux indicateurs de richesse et comme nous devrons le faire avec des indicateurs de grande pauvreté. Au-delà, il nous faudra penser et réaliser un changement profond, culturel et comportemental, dans notre relation à notre environnement, passant notamment par la mobilisation du monde de la culture et du sport, dans le sens d’une plus grande conscience universelle des biens communs.

Dans un monde incertain, la recherche et la formation doivent jouer un rôle essentiel pour produire les connaissances et compétences nécessaires, s’adapter aux transitions en cours et à venir, au travers de dispositifs innovants pour imaginer des futurs souhaitables ne laissant personne de côté.

L’accueil d’événements internationaux, vitrines de la France, constituent autant d’opportunités pour mobiliser la société grâce à leur capacité à fédérer et à innover, afin d’impulser le changement au-delà de nos frontières.

Notre histoire particulière, nos choix culturels et démocratiques, notre niveau de développement, nous conduisent à mettre l’accent sur six enjeux constitutifs de l’Agenda 2030 :

Une telle transformation suppose de nouvelles formes de gouvernance favorisant d’abord l’implication de toutes les citoyennes et tous les citoyens, notamment les volontaires et les bénévoles, et reconnaissant le rôle des organisations de la société civile aux côtés des acteurs économiques et des pouvoirs publics. Cette gouvernance élargie est le gage d’une approche transversale des enjeux et d’une mise en cohérence des actions qui sont conduites à différentes échelles, du global au local et du local au global. Les partenariats multi-acteurs innovants sont des moteurs puissants pour une telle transformation et l’État appuiera leur mise en place.

L’Agenda 2030 constitue un langage commun, accessible à tous, et un formidable outil qui structurera ces partenariats. Il sera pour la France, aux différents échelons territoriaux, le socle constitutif sur lequel appuyer l’orientation des actions de services publics et d’initiatives privées productrices de biens publics vers le développement durable. Dans ce cadre, la mise en place de l’Agenda 2030 permettra le renforcement de la démocratie et de la cohésion sociale par un engagement fort pour le respect des droits de l’homme et contre les discriminations tant en France qu’en matière de solidarité internationale. Il constitue le référentiel de développement durable mobilisable pour évaluer l’ensemble des actions menées.

Tous les territoires, du local au mondial, seront touchés par l’émergence de nouveaux modes de vie, de qualifications correspondant aux nouveaux besoins, de nouveaux modèles d’organisation de production et d’échanges. La particularité du territoire français, sa présence terrestre et maritime sur plusieurs continents, en fait l’une des plus vastes zones du monde, confrontée à la multiplicité des aléas et déséquilibres mondiaux. Cette diversité, qui constitue une richesse et un attrait, confronte notre pays aux changements climatiques de multiples façons dont il faudra tenir compte.

À l’échelle internationale, comme le comité interministériel pour la coopération internationale et le développement de février 2018 l’a précisé, en cohérence avec l’Agenda 2030, la France entend en outre porter plus particulièrement son action sur les zones en crise, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’accès à l’éducation et à la santé et la lutte contre le changement climatique.

La France prend ici l’engagement de tout mettre en œuvre pour l’atteinte sur son territoire des 169 cibles chiffrées et datées de l’Agenda 2030 adoptées à l’ONU, tout en fixant, pour certaines d’entre elles, des trajectoires plus ambitieuses, dans le respect de l’Accord de Paris sur le climat. Par cette feuille de route, c’est toute la France qui s’engage en mobilisant l’ensemble de ses composantes et organisations : l’État, garant de la cohérence des initiatives, et tous les acteurs de la société française, parmi lesquels collectivités, entreprises, syndicats, étudiants, établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche, ONG et associations, parlementaires, ….

La feuille de route pose, par ce présent livret, les bases des trajectoires que nous entendons suivre. Son application concrète est précisée par un plan d’action de la France pour la mise en œuvre de l’Agenda 2030 ; un plan d’action révisable régulièrement, à la fois pour le préciser progressivement en fonction du progrès des connaissances, des décisions prises et des trajectoires parcourues, et pour tenir compte des suivis et évaluations réalisés et des évolutions qui ne manqueront pas d’apparaître.

La vision ici décrite a vocation à mobiliser tous nos concitoyens autour de l’Agenda 2030, pour répondre à leurs préoccupations concrètes et quotidiennes en lien avec l’objectif d’ensemble défini collectivement. Il s’agit d’une manière inédite de faire société à laquelle nous nous engageons à contribuer, ensemble et de manière solidaire.

 

Consulter l'enjeu 1 : Agir pour une transition juste

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