Accroche
La lutte contre les inégalités figure comme un impératif dans l’Agenda 2030. L’injonction à « ne laisser personne de côté » en fait une condition de réussite et garantit l’inclusion de tous les individus au développement. L’égalité des sexes, désignée en France comme grande cause nationale du quinquennat, est au centre de l’Objectif de développement durable (ODD) n°5. À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, ce numéro spécial de l’ODDyssée vers 2030 propose des initiatives et éléments de réflexion sur l’ODD5 et ses interrelations avec les autres objectifs de l’Agenda 2030.
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Initiatives d'acteurs

Les Ministères engagés pour l’égalité entre les femmes et les hommes

Portrait Hélène Fernandez Hélène Fernandez,  haute fonctionnaire en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Ministères de la Transition écologique et solidaire et de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.

Repousser des discriminations demande d’agir sur les processus et les mentalités professionnelles. C'est un travail individuel et collectif, qui doit prendre acte que le contexte a considérablement évolué au cours des 20 dernières années. Depuis 2012, des haut.e.s fonctionnaires pilotent et animent la déclinaison de la politique d’égalité dans chaque ministère.

Pour notre périmètre (MTES et MCTRT), des progrès ont été accomplis et des avancées restent à faire. Ils concernent notamment l’accès aux recrutements, aux responsabilités, la mixité des métiers, la formation, la lutte contre les agissements sexistes. C’est pour construire un plan d’action partagé sur ces sujets qu’une concertation sur un protocole égalité femmes/hommes est en cours avec les représentants du personnel.

Par ailleurs, plusieurs domaines engagent nos ministres : par exemple, le domaine des transports avec le plan de lutte contre les violences sexuelles ; le domaine de l’aménagement des territoires développe des actions pour les femmes dans les ruralités et les quartiers ; à l’international, le ministère prévoit une coalition sur « genre et transition écologique » dans le cadre du G7.

Un processus de labellisation sera lancé et de nouvelles formes de valorisation seront recherchées. Les agent.e.s engagé.e.s dans le collectif « Parcours professionn’elles » portent également de belles initiatives.  

Pour aller plus loin... Portrait d'Hélène Fernandez  -   Administration moderne


Association 4D - #LesODDetnous : 5. Égalité entre les sexesEgalité domestiques entre femmes et hommes

Vaia Tuuhia Déléguée générale de l'association 4D en partenariat avec WECF (Women Engage for a Common Future)

En 2019, en France comme ailleurs, il faut explicitement se mobiliser pour parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles. Nous avons dix ans pour inverser les tendances : écart des salaires (25 % de moins que les hommes), accès aux financements, notamment liés aux projets environnementaux, temps partiel subi (82 % par des femmes), 85 % des foyers monoparentaux sont féminins. Ces paramètres mis bout à bout représentent une différence majeure de niveau de vie et des risques de précarisation grandissants. En effet, « 25 % des mères de famille monoparentales qui travaillent sont pauvres ».

Il faut aussi investir le terrain des idées pour mettre fin à la reproduction des schémas. Dès l’école, s’installent des idées préconçues sur la place des hommes et des femmes (accès aux filières scientifiques), qui se poursuivent au fil des études, jusqu’à l’accès à l’emploi et en particulier aux postes décisionnaires. Et à la maison : chaque jour, les femmes consacrent en moyenne 1h30 de plus que les hommes au travail domestique.

Sans accélération pour la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable (ODD) n°5, les avancées sociales, éthiques et culturelles nécessaires pour « transformer notre monde » ne seront pas au rendez-vous.

En 2018 et 2019, dans le cadre de la campagne pan-européenne #StopInégalités (#FightInequalities), l’Association 4D a conçu et coordonné un programme de webconférences (ou webinaires) sur les ODD et la réduction des inégalités.  

Pour aller plus loin... #LesODDetnous - Webinaires 4D


WECF (Women Engage for a Common Future) - « Ne laisser personne pour compte » : renforcer le rôle des femmes dans l’Agenda 2030ODD5 et santé

Dans un monde où les dirigeants s’engagent à garantir la prospérité pour tous et la protection de la planète, les inégalités entre femmes et hommes restent un point noir pour atteindre l’Agenda 2030.

Rappelons que les femmes exercent la quasi-totalité des activités non rémunérées, et disposent de 10 % des revenus mondiaux, alors même qu’elles fournissent 2/3 des heures travaillées. La répartition genrée des métiers les expose à des risques spécifiques liés aux substances chimiques (contact avec des polluants dans les activités d’esthétique, de soins, d’entretien du foyer ou de locaux professionnels). Les femmes enceintes et leurs bébés à venir vivent un moment crucial de vulnérabilité dû aux risques d’exposition fœtale aux toxiques de l’environnement.

WECF France propose des recommandations pour orienter les décisions publiques dans le sens d’une meilleure protection et prise en compte des réalités des femmes et de leur exposition aux polluants chimiques au quotidien, notamment en renforçant le rôle des professionnel·le·s de santé dans la prévention. Si les spécificités des femmes sont faiblement prises en compte, c’est parce qu'elles sont encore trop mal représentées dans les espaces de décision. WECF France s’engage en soutenant leur participation effective et leur leadership au niveau local (réseau femmes rurales) et international (prix genre et climat). Pour sécuriser la capacité d’engagement des organisations de femmes, il est essentiel de leur assurer un soutien et un financement pérenne.

Pour aller plus loin ... Recommandations WECF sur ODD et Santé


Association RSE et PED - Leadership féminin dans l’économie africaineLogo Association RSE et PED

Article rédigé par l'Association RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et PED (Pays en développement)

Au lancement du projet « Leadership féminin dans l’économie africaine », l'association RSE et PED n’avait que peu d’idées sur le sujet, peut-être juste quelques idées reçues. Au fur et à mesure des webinaires du projet, nous découvrons un portrait inédit : quatre pays africains sont dans le top 20 des pays les plus avancés sur la parité : le Burundi, la Namibie, l'Afrique du Sud et le Rwanda (World Economic Forum, 2016).

5% des directeurs généraux des grandes entreprises africaines sont des femmes, soit 1 point au-dessus du niveau mondial (McKinsey, 2016). Ce n’est certes pas assez, mais ce chiffre montre le potentiel de leadership des femmes africaines. Plus il y a de femmes au sein des conseils d’administration (14 % en Afrique), meilleurs sont les résultats financiers. C’est en Afrique subsaharienne que le taux de femmes entrepreneures est le plus élevé : 27 % (AfrikaTech, 2017).

Pour Colette Minka, Fondatrice d’Emploi Service au Cameroun, la femme leader africaine est une femme à multiples responsabilités : professionnelles, mais aussi associatives, familiales, à l’école de ses enfants, envers ses parents, pour la gestion financière et logistique de la maison etc.

Notre projet rend visible le leadership féminin dans l’économie africaine, renforce les connaissances des femmes et les met en réseau. Il contribue à la cible 5.5 des Objectifs de développement durable : garantir la participation entière et effective des femmes et leur accès en toute égalité aux fonctions de direction, à tous les niveaux de décision, dans la vie politique, économique et publique.

Pour aller plus loin... Association RSE et PED


« Daughters of Bangladesh » : autonomiser les femmes et les jeunes fillesDauhters of Bangladesh

En 2018, le film « Ami, Amar, Ma » était l’un des grands gagnants des UN SDG Action Awards, un prix des Nations unis qui distingue les projets et actions les plus innovants en faveur des Objectifs de développement durable (ODD).

Il raconte l’histoire de cinq jeunes travailleuses de l’industrie textile au Bangladesh, âgées de 7 à 15 ans. Formées aux outils digitaux de production et aux techniques de tournage par Rainbow Collective, Farzana, Tania, Nasrin, Hafiza et Runa ont elles-mêmes écrit et tourné, pendant quatre jours, des scènes de leur quotidien et de leur relation avec leur mère, parfois souffrante du fait de leur activité.

L’industrie textile est le plus grand employeur de femmes au Bangladesh : elles représentent environ 80 % de la main d’œuvre. Les conditions de travail et de sécurité déplorables ont parfois été à l’origine de catastrophes humaines, notamment l’effondrement meurtrier d’un bâtiment à Dacca en 2017, ville où grandissent les cinq protagonistes du documentaire.

Ce projet, résolument inscrit dans la dynamique de l’Agenda 2030, a non seulement permis de former cinq jeunes filles aux outils de production digitale (ODD4) mais également de sensibiliser le monde aux conditions de travail de l’industrie textile au Bangladesh (ODD8) et aux enjeux de l’autonomisation des femmes et des jeunes filles (ODD5).

Les projets en lice pour 2019 sont d’ores et déjà disponibles sur la plateforme SDG Action Awards. N’hésitez pas à les consulter !

Pour aller plus loin... SDG Action Awards - Daughters of Bangladesh


Égalité des sexes et Agenda 2030

Égalité des sexes et autonomisation de la femme : impératifs de l'Agenda 2030Hashtags

Les nouveaux hashtags tels que « #MeToo » (moi aussi), « #EcoutezMoiAussi », « #BringBackOurGirls » (ramenez nos filles), « StrongerThan » (plus fort) sont autant de preuves d'une mobilisation inédite pour l’émancipation des femmes. L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes sont, en plus d’impératifs de l’Agenda 2030 – qui y dédie son cinquième Objectif de développement durable (ODD5) –, des conditions sine qua none de sa réussite.

Pourtant, en dépit de progrès significatifs, dans les pays tant développés qu’en développement, les femmes demeurent championnes du travail non rémunéré (ODD8) et sont victimes au quotidien de violences physiques et sexuelles (ODD5 et 16). Elles sont plus vulnérables à la pauvreté (ODD1), l’insécurité alimentaire (ODD2), la précarité énergétique (ODD7) et disposent d’un accès plus limité aux soins (ODD3), notamment sexuels ou procréatifs, à l’eau (ODD6) et à l’éducation (ODD4).

Dans sa troisième stratégie pour l’égalité des genres publié en février 2019, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) faisait de l’égalité des sexes « le fondement nécessaire de la paix et d’un monde prospère et durable » : un accès des femmes à l’éducation et l’emploi d’ici 2030 générerait une augmentation du PIB de 3,6 % et réduirait la part de population vivant dans l’extrême pauvreté de 0,5 points. De même, l’égalité d’accès aux ressources permettrait de réduire le nombre de personnes souffrant de la faim de 12 à 17 %.

Pour aller plus loin... ONU Femmes


Agenda 2030, Femmes, paix et sécurité  :  les synergies entre développement et paix durable - ODD16 -Paix et femmes

L’année 2015 a marquée un tournant dans la mise en place d’un cadre international pour l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes. L’Agenda 2030 y consacrait un de ses Objectifs de développement durable – l’ODD5. L’adoption de la résolution 2242 fêtait le 15ᵉ anniversaire de l’Agenda Women, peace and security (Femmes, paix et sécurité) en prônant un renforcement de la présence des femmes à tous les niveaux de responsabilité des processus de paix et sécurité et l’évaluation genrée de ces stratégies, en particulier dans la lutte contre le terrorisme et les violences extrémistes.

Ces deux Agendas, l’un dédié au développement durable, l’autre à la paix durable, font de l’égalité des sexes la condition d’un avenir désirable. A l'instar de Femmes, paix et sécurité,  les ODD 5 et 16 (paix, justice et institutions efficaces) consacrent des cibles à la lutte contre toutes les formes de discriminations (5.1), de violences (5.2, 16.1 et 16.2) et de pratiques préjudiciables à l’égard des femmes – entre autres, le mariage forcé et les mutilations - (5.3) ainsi qu’à leur accès, en toute égalité, à tous les niveaux de décision (5.4).

De même, en préconisant la participation des femmes aux processus de résolution de conflits et de maintien de la paix et en insistant sur l’exigence de les protéger contre les discriminations et les violations de leurs droits fondamentaux, ces Agendas mettent en lumière l’idée qu’une paix durable est indissociable du statut dont jouissent les femmes dans la société.

Pour aller plus loin ...

Être une femme, un facteur de vulnérabilité face au changement climatique ? - ODD13 -Femmes et lutte contre le changement climatique

Le changement climatique a des effets différenciés sur les hommes et les femmes : dans les pays en développement, les femmes sont plus fortement pénalisées par les conséquences du changement climatique (raréfaction des ressources naturelles en particulier) en raison de la nature des tâches qui leur incombent. De même, elles connaissent un taux de mortalité cinq fois supérieur à celui des hommes lors des catastrophes liées au climat (Association adéquation). Plusieurs études démontrent pourtant le rôle prépondérant que peuvent jouer les femmes dans la lutte contre le changement climatique grâce à leurs connaissances spécifiques.

La question est moins documentée dans les pays du Nord. En France, il existe peu d'études sur le sujet, alors que le Conseil économique social et environnemental (CESE) souligne dans son avis sur la justice climatique, que les inégalités de genre face au changement climatique sont l’un des enjeux prioritaires pour la France. Le CESE recommande par ailleurs de favoriser le développement de données désagrégées femmes/hommes, notamment dans le bilan des catastrophes naturelles, pour mieux analyser les vulnérabilités climatiques des femmes des pays développés.

Par ailleurs, un rapport de l’Organisation Internationale du Travail de 2018 indique que les politiques d’atténuation du changement climatique peuvent faire régresser le travail des femmes. La réinsertion vers des emplois plus « verts » se font, en effet, au profit de métiers qui les excluent encore massivement aujourd’hui.

Pour aller plus loin...  Vidéo de l'exploration sur la justice climatique 


Intégrer les personnes LGBT dans l’Agenda 2030 - ODD10 -Droit des LGBT

En dépit de son injonction à « ne laisser personne de côté », l’Agenda 2030 ne dédie aucune cible spécifique à la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, ainsi qu’à la protection des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres).

Aujourd’hui, 72 pays disposent de lois criminalisant les relations homosexuelles et l’expression de genre. Seulement un tiers des États protègent les personnes LGBT par des lois contre la discrimination fondée sur l’identité sexuelle.

L’ambition portée par les Objectifs de développement durable (ODD) exige une meilleure prise en compte des personnes LGBT, chez qui les taux de pauvreté (ODD1) et d’insécurité alimentaire (ODD2) sont plus élevés. Elles demeurent davantage sujettes aux harcèlements, aux abus violents ou aux expulsions arbitraires au sein des établissements scolaires (ODD4), ainsi qu’aux stéréotypes liés à leur santé sexuelle (ODD3). Ces multiples formes de discriminations croisées accentuent leurs exclusions économique et sociale et exacerbent la violence à leur égard.

Un guide de Stonewall international recense sur 12 des 17 ODD les défis auxquels sont confrontées les personnes LBGT et propose des actions concrètes pour parvenir à une meilleure égalité. Par ailleurs, l’association Outright Action International, insiste sur la nécessité de données complètes et adéquates pour répondre aux besoins spécifiques des personnes LGBT, notamment concernant leur santé et bien-être.

Pour aller plus loin ...

ONU Femmes – Traduire des promesses en actionsONU femmes

En février 2018, ONU Femmes a publié le rapport « Traduire les promesses en actions : l’égalité des sexes dans le Programme de Développement Durable à l’horizon 2030 ». Il met en évidence l’omniprésence des discriminations à l’encontre des femmes et des filles et révèle d’importantes lacunes en matière d’autonomisation des femmes au niveau mondial. Au-delà des moyennes nationales, le rapport met en lumière les situations de cumul d’inégalités et dévoile les profonds écarts qui divisent les femmes et les filles au sein d’un même pays, selon leur niveau de revenu, leur ethnicité ou encore leur lieu de résidence.

ONU Femmes appelle ainsi à une accélération significative des progrès en matière d’égalité des sexes, en soulignant que les discriminations fondées sur le genre compromettent le potentiel de transformation de l’Agenda 2030. Le rapport recommande ainsi de : mettre en œuvre des politiques intégrant l’égalité des sexes afin de favoriser l’accomplissement simultané de plusieurs objectifs ; développer une évaluation statistique sexo-spécifique en améliorant les données ; donner la priorité aux investissements et aux programmes sensibles au genre ; mettre en œuvre l’égalité des droits et définir clairement la responsabilité de la réalisation de l’Objectif de développement durable (ODD) n°5.

ONU Femmes met également à disposition l’ensemble des données utilisées ainsi que des fiches illustrant les interrelations entre l’égalité de genre et les ODD pour chaque grande région du monde.

Pour aller plus loin... Rapport ONU Femmes sur les ODD


Mise en œuvre de l'ODD5 - Egalités des sexes

Pour une meilleure santé sexuelle et procréativeFemmes et santé sexuelle

Si femmes et hommes disposent d’un droit égal à la santé, leurs besoins diffèrent, notamment en matière de santé sexuelle et procréative. Régulièrement victimes de discriminations de genre, de tabous sexuels, d’une mobilité limitée ou de précarité financière, les femmes sont quotidiennement exposées à d’importants risques de santé, en particulier à l’accouchement. Chaque jour dans le monde, 830 femmes meurent de causes évitables liées à la grossesse et l’accouchement.

Aux inégalités de genre, s’additionnent souvent celles liées à l’ethnicité, l’origine ou la catégorie socio-professionnelle, et ce, même au sein des pays développés. Parmi ces derniers, les États-Unis détiennent le triste record de mortalité des femmes noires à l’accouchement, où les complications de la grossesse tuent trois à quatre fois plus de mères noires que de mères blanches non hispaniques (CDC).

En France, la nouvelle stratégie nationale de santé sexuelle et procréative, construite en cohérence avec l’Agenda 2030, entend promouvoir l’égalité des sexes entre les femmes et les hommes, améliorer les dispositifs de contraception et d’interruption volontaire de grossesse et lutter contre les discriminations subies par les personnes LGBT en raison des stéréotypes liés à leur sexualité. En ce sens, elle répond aux cibles 5.6 (ODD5) et 3.7 (ODD3) portant toutes deux sur l’accès de tous aux services de soins et de santé sexuelle et procréative.

Pour aller plus loin... Stratégie nationale de santé sexuelle et procréation


Quand « humour » et injure nous éloignent des ODD…Haut Conseil égalité entre les femmes et les hommes

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH) vient de produire le « Premier état des lieux du sexisme en France ». Ce rapport dresse le constat de nombreux écarts aux cibles de l’Objectif de développement durable (ODD) n°5. C’est notamment le cas des cibles 5.1 portant sur les discriminations ou 5.2 visant à éliminer des vies publique et privée toutes les formes de violence faites aux femmes et aux filles.

En regard de chacune de ces cibles, le HCEFH aborde le rapport sous deux angles d’attaque novateurs : traquer le prétendu « humour » des « blagues » sexistes, notamment chez les Youtubeurs ou à la radio, et mesurer ce que représentent en France les injures sexistes, bien que rarement déclarées à la police ou la justice. Depuis mars 2018, les médias de la publicité ont signé une charte contre les stéréotypes sexistes. L’analyse des injures montre qu’elles sont avant tout le fait des hommes, et dirigées contre les femmes. Humour et injure participent d’une même finalité :  d’exclusion des femmes de l’espace social.

Le rapport émet 24 recommandations, parmi lesquelles la suivante, qui concerne l’ensemble des politiques publiques, tous ODD confondus : « faire de la lutte contre le sexisme un critère des décisions politiques, en déployant plus avant l’approche intégrée de l’égalité et l’éga-conditionnalité des financements publics ».

Pour aller plus loin... Rapport Etat des lieux du sexisme en France


Initiative Spotlight : pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des fillesInitiative Spotlight

Afin de lutter contre l’une des violations des droits de l’homme – la violence à l’égard des femmes et des filles – l’Union européenne (UE) et les Nations unies, ont développé un nouveau partenariat : l’Initiative Spotlight. Son nom original souligne l’intention de placer sous le feu des projecteurs ce phénomène souvent caché, ignoré ou rendu invisible, alors même qu’il est commun à toutes les communautés, générations, nations, milieux socio-culturels.

Aujourd’hui encore, 35 % des femmes ont subi des violences physiques ou sexuelles (sans compter le harcèlement sexuel) au moins une fois au cours de leur vie – un chiffre grimpant jusqu’à 70 % à l’échelle des pays. En France, une femme décède tous les 3 jours de violence conjugale.

Élaboré en cohérence avec l’Agenda 2030, l’objectif du projet est de mettre en évidence la nécessité de mieux inclure les femmes et les filles pour parvenir à un avenir durable et d’impulser de nouveaux efforts pour atteindre l’égalité des sexes. En tant que contributeur principal, l’UE y investira 500 millions d’euros, aux côtés d’autres donateurs appelés à se joindre à l’initiative. Ces investissements cibleront particulièrement l’Asie, l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes.

Pour aller plus loin... Initiative Spotlight


« Planète 50-50 d'ici 2030 : Franchissons le pas pour l'égalité des sexes »Planète 50-50

Ce programme, lancé en septembre 2015, vise l’éradication de la violence à l'encontre des femmes et des filles ; à encourager la participation des femmes dans les prises de décision ; à s'impliquer dans des plans d'action et des politiques nationales favorisant l'égalité des sexes et à préparer des campagnes d'éducation publiques visant à promouvoir l'égalité de genre. Il encourage les gouvernements à prendre des engagements nationaux afin de favoriser un traitement équitable entre les hommes et les femmes.

Depuis 2016, le mouvement s’est amplifié et les premiers résultats ont été enregistrés. En Argentine, au Burundi, en Chine, au Costa-Rica ou aux États-Unis, les efforts se multiplient pour lutter contre les écarts entre les sexes et les discriminations qui affectent les femmes et les filles dans leur vie quotidienne, ainsi qu’à leur assurer des opportunités et des ressources égales.

La France œuvre pour permettre à toutes les femmes et les filles d’aller librement à l’école, de pouvoir accéder à un travail, de créer leur propre entreprise et de mener une vie indépendante. Afin que les Objectifs de développement durable s’inscrivent véritablement dans un ordre mondial, la France plaide en faveur de responsabilités accrues pour les femmes dans les pays à tous les niveaux administratifs et politiques.

Pour aller plus loin ... Franchissons le pas (www.unwomen.org)


Association Convergences - le Baromètre des Solutions DurablesBaromètres des solutions

Lancée en 2008, Convergences est une plateforme de réflexion, de mobilisation et de plaidoyer, qui promeut les Objectifs de développement durable (ODD), la lutte contre la pauvreté, l’exclusion et les changements climatiques dans les pays tant développés qu’en développement. Convergences est composée de plus de 200 organisations qui agissent notamment pour susciter la réflexion et l’action, diffuser des bonnes pratiques et favoriser la co-construction de partenariats innovants à fort impact sociétal.

Le Baromètre des Solutions Durables a été lancé en septembre 2016 à l’Hôtel de ville de Paris dans le cadre du 9e Forum Mondial Convergences. Né du travail collectif de 17 associations et organisations, le Baromètre des Solutions Durables est une publication à destination du grand public, des médias et des décideurs politiques qui vise à sensibiliser à la nécessité de mobiliser tous les acteurs pour promouvoir efficacement les ODD et valoriser les solutions qui existent pour les atteindre.

Dans le Baromètre 2016, l’Association CARE France est partie à la rencontre de Madeleine au Bénin et Mélia à Haïti pour expliquer en quoi renforcer les droits des femmes constituait un pari gagnant contre la faim.

Pour aller plus loin... Baromètre des solutions durables


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