Forum politique de haut niveau 2021 - jour 8

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Les sessions officielles


Session : Revues nationales volontaires 7

Compte rendu :

Lors de la session du FPHN qui s’est tenue le matin du jeudi 15 juillet, douze pays ont présenté leur revue nationale volontaire (RNV) divisés en trois panels :

Chaque panel était suivi d’un temps de questions-réponses avec les participants (par pays : deux questions d’Etats Membres et une du groupe des ONG).

Lors des questions-réponses le Japon a rappelé l’importance de la coopération des différentes parties prenantes. Le plan d’action 2021 contient des mesures relatives au système de sécurité sociale.

La crise sanitaire s’inscrit dans un mouvement de transformation des politiques publiques en Allemagne. Le gouvernement a défini des cibles sur l’élimination du charbon avec les parties prenantes. L’Allemagne a adopté sur le plan qu’elle juge très ambitieux des réductions des GES.

Le Laos a mis en place un mécanisme ODD national établi pour s’intégrer à toutes les branches du gouvernement. 80% des indicateurs sont intégrés dans le plan socio-économique national. La pauvreté continue de diminuer, la mortalité maternelle aussi. Des progrès sont à noter pour l’éducation et la scolarisation. L’environnement est également au centre des préoccupations du pays. Cependant, la COVID-19 risque d’inverser la tendance de développement arrachée de haute lutte. Il reste donc encore des défis mais le Gouvernement continue son effort au niveau local et national pour mettre en œuvre l’Agenda 2030. Finalement, la sensibilisation est également nécessaire juge le Laos pour appliquer convenablement les ODD.

La Malaisie a mis en place un plan national de redressement, un programme de digitalisation nationale, une attention particulière à l’éducation, un support des micro-business, le recyclage de l’huile pour cuisiner, la mobilité bas carbone, l’agriculture résiliente, une gestion de la couverture forestière, une anticorruption nationale, une patrouille aux frontières… Cependant, la COVID-19 a posé de graves problèmes au pays qui a connu son pire déclin depuis 20 ans, un pic de chômage. L’État a déployé 130 millions de dollars d’aide et une assistance pour aider 40% des plus pauvres. Le développement durable est désormais au cœur des programmes de développement quinquennal depuis 2016. Finalement, la Malaisie a rappelé son engagement pour le multilatéralisme.

La protection sanitaire des citoyens et l’atténuation des répercussions économiques de la crise est au centre de la politique actuelle de Chypre. Cela comprend des tests rapides, un traçage complet. Chypre progresse sur les questions de pauvreté et est attachée aux ODD avec une série de 133 réformes et investissements adaptés. Sur ce point, Chypre a insisté sur une économie basée sur les connaissances en utilisant, entre autre, le Pacte vert. Sur les migrations Chypre a connu une très forte hausse en particulier venant de Turquie, il manque selon Chypre, un système international puisque la question migratoire se joue aux frontières entre les pays : une politique nationale n’est pas suffisante pour répondre à ces problèmes. Lors des questions-réponses Chypre a rappelé qu’elle a réduit sa dépendance au tourisme grâce à une diversification. Elle souhaite être une plateforme technique de l’information, du commerce et renforcer le secteur agricole grâce à une coopération avec institutions de recherche.

L’Indonésie, qui présente sa troisième RNV, fait valoir sa place de poumon du monde. Le processus d’atteinte des ODD passe par une politique inclusive. Cependant, encore une fois, la pandémie a inversé certaines tendances positives. La réponse fut rapide puisque l’Indonésie est le 10ème pays le plus vacciné au monde. Les émissions de GES ont diminué, la liberté de la presse a augmenté et, avec une hausse de 73,7% l’accès à internet a grandement progressé. Il y a un lien entre les objectifs de lutte contre la pandémie : la protection sociale, la réduction des risques de catastrophe, un renouvellement du tourisme, l’initiation d’une économie verte… Sur ces différentes questions le Gouvernement ne peut agir seul et compte sur les collaborations avec les parties prenantes. Lors des questions-réponses l’Indonésie a présenté ses programmes pour rendre plus résilient le pays.

Le rapport de l’Irak met l’accent sur les défis à surmonter. Les jeunes sont moteur de changement pour le développement et ils permettent de formuler un nouveau contrat social entre gouvernement et société : il s’agit de décentraliser le développement pour une croissance positive et verte. La reconstruction en Irak n’est pas que sanitaire mais aussi très concrète avec la réhabilitation de certaines infrastructures. Les jeunes doivent être moteur du changement tout autant que les partenariats internationaux. L’Irak met en place des projets pour remédier aux problèmes systémiques : livret blanc, feuille de route, camp de migrants, tenue d’élections…

Madagascar a fait une analyse multidimensionnelle de la pauvreté. Les points qui ont progressé sont le quotient de mortalité néonatal, l’égalité des genres (sur ce point 58,33% des représentants à l’Assemblée sont des femmes). La récession économique due à la crise sanitaire a bien eu lieu mais elle ne dépasse pas 5%. Madagascar porte aussi un œil attentif à la biodiversité et aux ressources naturelles au management des ressources naturelles dans la communauté locale : il y a une augmentation des contrats en ce sens. Il y a un plan environnemental pour guider le changement climatique. Si la déforestation a augmenté, la superficie des zones protégées également. L’ODD 16 a une importance particulière : il faut diminuer le nombre de personnes dans les prisons et lutter contre la corruption.

Étant donné l’impact de la pandémie pour l’économie dans tous ses aspects de la société, les progrès du Bhoutan ont été ralentis. Il s’agit désormais de bâtir des partenariats y compris avec la société civile. Le Bhoutan juge qu’il y a beaucoup de points communs entre le bonheur intérieur brut et les ODD. Les deux sont intégrés à un plan quinquennal de 2018 à 2023. Le rapport porte sur les 9 ODD du FPHN de cette année or il est à noter que la croissance du PIB ainsi que la recette nationale baissent à la suite de la crise sanitaire.

La Namibie
a une petite population et son 5ème plan national de développement est en phase avec les ODD, elle lutte contre la pauvreté et la faim avec l’agriculture verte et durable. Il y a aussi des avancées en matière de programme pour la petite enfance, un développement des infrastructures et une amélioration de l’approvisionnement en eau. En ce qui concerne la santé il y a une lutte contre l’hépatite E. Il y a aussi un développement du système de protection sociale pour les personnes handicapées et une égalité des sexes qui lui permet d’être classée 6ème. Le tourisme a souffert de la pandémie et, avec l’extraction ministère ces deux pans de l’économie constituent la base de l’économie de la Namibie. Or, persistent des écueils : le haut niveau de chômage, une sécheresse persistant, une contraction économique de 8% mais la Namibie a indiqué que la pandémie n’entravera pas les efforts.

En Espagne, les derniers mois ont été difficiles. La nature imprévisible de la pandémie a touché tous les services publics et il est nécessaire de protéger tous les citoyens. Le pays a reconnu le rôle des travailleurs en première ligne. Il est nécessaire de reconstruire sur de nouvelles bases plus solides, plus résilientes et plus inclusives. Cette stratégie est basée sur la collaboration, avec les jeunes notamment, le développement durable et la décentralisation. La diversité des communautés est essentielle, c’est un mécanisme de coopération inter-institutions qui doit s’améliorer pour plus de cohérence. La COVID-19 a empêché la mise en œuvre de certaines choses mais les prochains plans nationaux se coordonneront pour ne lésiner sur aucun ODD. Cela passe par l’établissement d’indicateurs concrets et des perspectives féministes et claires.

Le Zimbabwe
mise sur l’amélioration des infrastructures pour relever la croissance du pays ainsi qu’un assainissement du logement et des transports. Rassembler les envois de fond de la diaspora et les programmes de prêts sont un moyen de financer les ODD. Le Gouvernement est déterminé à lutter contre la corruption et pour la prévention du crime en lien avec l’ODD16. Aussi, le Gouvernement se concentre sur la sécurité alimentaire en encourageant une agriculture intelligente. Le développement durable sera inclusif : il ne faut laisser personne derrière. Les différents plans sur quatre ans se concentre en partie sur les objectifs des ODD. Finalement, il s’agit pour le Zimbabwe d’améliorer ses relations avec la communauté internationale.

Pour aller plus loin : Revoir l’ensemble de la session


Session : Revues nationales volontaires 8

Compte rendu :

Deux pays ont présenté leurs revues nationales (Paraguay, Suède) au cours de la session.

Le Paraguay a présenté sa deuxième revue nationale qui avait pour titre « un Paraguay plus inclusif, participatif et résilient ». Le processus d’élaboration de cette deuxième revue nationale a adopté une approche innovante pour atteindre les ODD. La particularité de cette revue réside dans la mise en œuvre d’un processus de participation multisectoriel et inclusif du secteur privé et de la société civile au sens large se fondant sur les résultats des dialogues, des tables rondes et des journées d’études. Il était important d’agir dans les domaines suivants : réduction de la pauvreté, protection sociale grâce au projet intitulé « Vamos », éducation de qualité, accès à l’eau potable et aux services d’assainissement et hygiène, accès à l’électricité, ne laisser personne pour compte. Le rapport a également souligné le renforcement de l’engagement institutionnel, grâce à l’intégration des ODD aux politiques publiques et dans le plan stratégique national, grâce à la plateforme Congresso 2030 et à la création de l’institut national de statistiques. Au travers de ces outils, l’objectif est de donner la visibilité aux groupes les plus vulnérables. Des actions multisectorielles ont été menées pour relever les défis en matière de développement national. Il reste cependant des progrès à faire pour atteindre les ODD 1, 6, 8 et 13. Le renforcement des actions locales sera essentiel pour contribuer à la Décennie d’action.

La Suède a présenté sa deuxième revue nationale qui était le premier examen depuis 2017 en vue de consolider l’examen des ODD et a mis l’accent sur l’objectif « ne laisser personne pour compte ». La Suède a annoncé être en avance sur la réalisation des ODD, cependant il restait des défis clefs à relever. Ce rapport a mis l’accent sur la réalisation des ODD et repose sur une mobilisation multisectorielle de l’ensemble des acteurs, dont la jeunesse présentée comme un acteur clef (dialogue entre les jeunes et le Gouvernement) et sur approche aux niveaux local et mondial. La reprise suite à la pandémie de la Covid-19 a été particulièrement difficile et a créée des inégalités affectant particulièrement les populations plus pauvres et les minorités, le programme 2030 est donc la feuille de route à suivre. Malgré le succès de l’approche fondée sur un accès universel à l’éducation, les droits et l’équité entre les sexes, la Suède ne ménage pas ses efforts concernant les défis d’une consommation et d’une production durable et d’une économie circulaire. Les priorités sont données aux objectifs de droits de la personne humaine (droits civils et politiques), d’égalité sexes, d’intersexualité et de réduction de la pauvreté qui devrait être reconnue comme multidimensionnelle. Les universités suédoises et fondations de recherche contribuent également à identifier des synergies avec les ODD. La Suède s’est fortement engagée sur le sujet du changement climatique, pour un engagement vert et ses entreprises sont à l’avant-scène de la transition énergétique, appliquant une approche « zéro émission ». Il faudra par ailleurs promouvoir les partenariats. Le secteur privé joue un rôle primordial visant à financer les ODD (réussite en matière des financements : prêt et obligations vertes). Les ambitions sont : de devenir le premier Etat sans combustibles fossiles d’ici 2045, de promouvoir la démocratie et l’égalité des sexes, de travailler pour d’avantage d’égalité, vers une croissance inclusive et un travail décent pour tous. Pour ce faire, 1 % du RNB est dédié à l’aide au développement.

Dans le cadre des questions-réponses s’adressant au Paraguay, le Chili a souhaité des précisions sur le processus innovant et participatif mis en place et sur les mécanismes pour garantir la participation de tous les secteurs de la société. Le Mexique a demandé comment les données empiriques étaient mises en œuvre et quelles étaient les interactions de l’institut de statiques avec les autres acteurs. Le groupe des peuples autochtones s’est dit inquiet du manque d’inclusion dans le processus et a demandé comment la lutte contre l’élimination de la pauvreté et les expropriations étaient organisées.

Dans le cadre des questions-réponses s’adressant à la Suède, la Finlande a souhaité des précisions sur la mise en œuvre de la cohérence politique entre tous les secteurs pour réduire les impacts transfrontaliers et autres impact négatifs ainsi que sur l’inclusion concrète des jeunes. Le Mexique a soulevé la question de l’impact des obligations diverses, de la Banque mondiales et d’autres instances concernant les ODD. Le groupe LGBTQI a, pour sa part, souligné la nécessité de changer la relation de l’homme à la nature et estime que de nombreux sujets ne sont pas reflétés dans l’examen, selon le groupe il n’existe pas de mécanisme d’évaluation de la mise en œuvre de ce plan. Le groupe demande des précisions sur l’application concrète au niveau local.

En réponse, la Directrice des affaires politiques générales du Paraguay a mentionné que le rapport a fait état des actions pour garantir l’inclusion de l’ensemble des secteurs et de la population paraguayenne au travers de cinq ateliers virtuels, six tables rondes et d’enquêtes en ligne adressées aux jeunes et à tous les acteurs. Il s’agit d’établir un espace de dialogue avec toutes les institutions publiques et la société civile. La création de l’institut national des statistiques a permis de disposer d’un premier indice de pauvreté multidimensionnel et aidera à l’élaboration de politiques publiques plus efficaces. Les défis restant à relever concernaient les ODD 1, 3, 4, 5, 6, 7, 8, et 17. Les peuples autochtones ont été impliqués dans la collecte de données et leur vulnérabilité a été soulignée (pauvreté et analphabétisme). Les inégalités se creusent et il faut continuer à progresser sur la voie des ODD afin de réduire la pauvreté et les expropriations. Des progrès restent à accomplir dans les domaines de la santé, des services et de l’égalité des sexes.

En réponse, vice-Première ministre suédoise et ministre du Climat et de l’Environnement a assuré que la cohérence était au centre de son activité, notamment grâce à une évaluation citrique du travail dans le domaine de la politique de cohérence. Dans le cadre du processus de la revue, un travail a été engagé avec l’institut des statistiques de Stockholm. La priorité sera donnée aux défis transfrontaliers et à l’établissement de modes de consommation plus responsables. Sur la participation des jeunes et l’implication de tous les groupes de la société, la Suède s’estime être une société organisée. Enfin, il faudra réfléchir pour proposer des mesures concrètes concernant l’élimination de la pauvreté, la Suède a souligné que l’ambition requiert toutefois la mise en œuvre de moyens.

Pour aller plus loin : Revoir l’ensemble de la session


Session : Clôture du Forum et adoption de la Déclaration

Compte-rendu :

La Déclaration ministérielle HLPF a été adoptée ce jeudi 15 juillet par consensus. Seul le paragraphe 29 (occupation étrangère) a fait l’objet d’un vote. Les trois amendements présentés par la Russie sur les paragraphes 20 (climat), 25 (genre) et 36 (biodiversité) ont été rejetés par les membres du FPHN.

L’intervention vidéo de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, au nom du Gouvernement français, a été transmise aux Nations unies :

« Bonjour à toutes et à tous.
La crise, inédite, brutale, sidérante, que nous traversons depuis plus d’un an a révélé les vulnérabilités de nos sociétés.
Oui, économie, santé, environnement et emploi, toutes ces batailles sont intrinsèquement liées, alors nous devons redoubler d’efforts sans laisser personne de côté en avançant ensemble unis, solidaires et les ODD sont cette boussole, ce langage universel qui nous guide vers cette autre société plus juste, plus résiliente, plus prospère. À tout point de vue, ils nous guident dans nos réponses, à court comme à long terme, pour bâtir un monde plus inclusif et plus durable.
Et si nous voulons y arriver. Il nous faut ouvrir très largement les portes du multilatéralisme, non plus seulement aux États, mais à toute la société civile, au secteur privé, à la recherche. C’est bien pourquoi la France a réuni un 4ème One Planet Summit, rassemblant très largement pour accélérer l’action internationale pour la nature. Et le congrès de l’UICN que nous accueillons dans quelques semaines en septembre, sera l’occasion d’aller encore plus loin dans cet autre grand défi de notre génération, car urgence climatique et urgence du vivant sont liées. Ce sont les 2 faces de la même pièce et pour survivre, nous avons besoin de l’un comme de l’autre.
Et l’autre grande bataille sur laquelle la France avance résolument pour l’Agenda 2030, c’est l’égalité entre les femmes et les hommes. On sait combien les femmes ont été en première ligne du COVID premières à lutter contre premières à en être victimes, et c’est pourquoi nous avons réuni le Forum Génération Égalité qui a permis de remettre ce combat, auquel je suis personnellement attaché, au cœur de l’agenda international. Au total, ce sont 40 milliards de dollars de financements débloqués et 1000 engagements concrets pour amorcer une grande accélération de cette cause si juste, partout dans le monde.
Enfin, la France redouble d’efforts pour aligner les flux financiers avec les ODD et l’accord de Paris. Il ne peut plus y avoir d’à côté, de passe-droit ou d’oubli, la relance comme la finance doivent venir transformer le monde et non pas le compromettre dans chacun de ces chantiers majeurs.
La France porte la voie du progrès humain, vers un monde sobre en carbone, résiliant respectueux de la biodiversité juste et protecteur envers les plus vulnérables. C’est cette voix là que je voulais faire entendre aujourd’hui et je sais qu’avec détermination et ambition, nous en ferons une réalité pour tous. Je vous remercie. »

Pour aller plus loin : Revoir l’ensemble de la session


Analyse rédigée en partenariat avec l’Institut Open Diplomacy par Clara Beauvoir

La session de clôture du Forum Politique de Haut Niveau sur le développement durable (HLPF) a pour objectif de voter l’adoption de la Déclaration ministérielle préliminaire du HLPF 2021.

Contrairement à l’an dernier, la Déclaration ministérielle 2021 est adoptée. L’Assemblée générale est globalement satisfaite du texte présenté et réaffirme le besoin urgent d’envoyer un signal fort d’engagement pour les Objectifs de développement durable (ODD). Ainsi, bien que certains gouvernements ne soient pas complètement en accord avec l’ensemble du texte, ils l’acceptent comme preuve d’un engagement mondial en faveur du développement durable.

Cependant, trois amendements ont été déposés par la Fédération de la Russie, et un paragraphe a été soumis au vote par Israël. Les amendements portant sur les paragraphes 20, 25 et 36 ont été rejetés par une large majorité, réaffirmant ainsi trois principes clés :

Lors des déclarations officielles, certains représentants d’États souhaitent aller plus loin sur l’égalité de genre, et l’accès aux droits sexuels et reproductifs, une minorité s’y oppose et se désolidarise des parties incluant des précisions sur ce sujet. Le rejet de l’ingérence des Nations unies, est également soulevé par une minorité, en matière de gestion de l’eau, de pénalisation des gouvernements en cas de non-respect des engagements, ou encore sur des sujets fiscaux. On notera également qu’une majorité d’acteurs de l’Assemblée, dont l’Union européenne et ses États Membres, regrette que le texte ne reprenne pas le concept de « One Health », une santé pour tous, à la fois des humains, des animaux et de la nature.

Son Excellence Munir Akram, Président de l’ECOSOC et Représentant permanent du Pakistan auprès des Nations unies, encourage les gouvernements à :
1. Contenir rapidement la pandémie en reconnaissant le vaccin comme bien public mondial, et permettre son accès sans discrimination ;
2. Reconnaître le financement comme clé d’atteinte des ODD et comme levier d’enrayement du changement climatique ;
3. Agir frontalement contre la faim et la pauvreté ;
4. S’appuyer sur le leadership des Nations unies, et agir conjointement pour atteindre les engagements de l’Agenda 2030.

Son Excellence Madame la Vice-Secrétaire générale des Nations unies Amina Mohammed conclut en félicitant les réflexions de ce Forum et souligne l’importance de l’interconnexion des ODD, qui pourront notamment être atteints grâce à la digitalisation, l’inclusion de tous dans le processus de transition, et l’accès à la santé pour toutes et tous.


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Les évènements parallèles :


La seconde Revue Nationale Volontaire (RNV) de l’Allemagne : état des lieux et projection au début de la Décennie d’Action pour atteindre les ODD, organisé par l’Allemagne

Analyse rédigée en partenariat avec l’Institut Open Diplomacy par Bastien Beauducel

« Notre mission est de sécuriser le futur, non de le consommer » a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. Le docteur Gesa Miehe-Nordmeyer, Directrice générale pour les enjeux sociaux, la santé, le marché du travail, la politique sociale et environnementale à la chancellerie allemande, s’appuie sur ces propos pour rappeler l’importance des Objectifs de développement durable (ODD). De même, la nécessité d’une coopération multilatérale sous l’égide de l’ONU pour les mettre en œuvre afin de construire un monde plus inclusif et durable a été unanimement soulignée.

Pour réaliser les ODD, l’Allemagne a fait de nombreux progrès ces dernières années. Domici Waughray, directeur du World Economic Forum (Forum économique mondial) souligne les progrès réalisés par l’Allemagne dans le cadre de l’ODD17. Franz-Josef von Kempis, directeur environnement, technologie et développement durable à la Fédération allemande des industries, met en avant les avancées des industries allemandes en matière de digitalisation, répondant ainsi à l’ODD9 ayant renforcé la résilience de la société pendant la pandémie.

Des axes d’amélioration sont également évoqués. Sophia Bachmann, déléguée allemande des jeunes pour le développement durable, appelle à une plus grande présence de la jeunesse dans les structures politiques car les jeunes générations seront les plus impactés par le dérèglement climatique. Le docteur Luise Steinwachs, vice-présidente du conseil de l’Association de développement et des organisations humanitaires non gouvernementales, souligne la hausse des inégalités à la suite de la crise de la COVID-19. Ainsi, la lutte contre les inégalités doit devenir la priorité du gouvernement afin de réaliser de nombreux ODD.

Pour répondre à ces enjeux, l’Allemagne a pris de nombreux engagements dans le cadre de sa nouvelle stratégie de développement durable adoptée en mars 2021. Celle-ci est composée de six thématiques reprenant l’ensemble des ODD : bien-être humain et justice sociale, action pour le climat et la transition énergétique, économie circulaire, transports et habitations durables, agriculture et alimentation durable, environnement sans pollution. A titre d’exemple, l’Allemagne s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effets de serre d’au moins 65% en 2030 par rapport au niveau de 1990. Au niveau international, le docteur Maria Flachsbarth, Secrétaire d’État au ministère de la coopération économique et du développement, déclare que l’Allemagne, deuxième contributeur à l’aide publique au développement au niveau mondial, applique les ODD comme boussole dans sa politique étrangère et de coopération internationale. Le Gouvernement fédéral promeut ainsi ses principes dans le cadre de « l’Alliance pour le multilatéralisme », initiée notamment avec la France.


La reprise verte : énergies renouvelables, numérisation et solutions fondées sur la nature pour l’inclusion et la résilience en Afrique, organisé par la Commission de l’Union africaine, UN-OSAA, la CEA et le PNUD

Analyse rédigée en partenariat avec l’Institut Open Diplomacy par Clémentine Fournier

Ce panel est organisé conjointement par la Commission de l’Union africaine (CUA) et plusieurs agences/départements de l’ONU : le Bureau du conseiller spécial pour l’Afrique des Nations unies (UN-OSAA), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il rassemble des représentants de toutes ces organisations, ainsi que des représentants du Botswana, de la République du Congo, de Madagascar, du Zimbabwe, de l’Angola et de l’Égypte ainsi que des représentants de la société civile.

A l’ouverture de la session, Mme Cristina Duarte, Conseillère spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique, rappelle que cette discussion s’inscrit dans la continuité de la 7ème session du Forum régional africain sur le développement durable (FRADD), qui a eu lieu à Brazzaville en mars 2021. Cette année, un des grands thèmes du FRADD, dont le rôle est de suivre et d’examiner la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 en Afrique, a été la numérisation. En effet, il y a une véritable fracture numérique en Afrique, comme le souligne Mme Duarte. Non seulement cette fracture isole les plus vulnérables, comme l’a notamment démontré la crise de la COVID-19 - de nombreux enfants n’ont pas pu suivre les cours à distance faute d’accès à une connexion et du matériel électronique - mais elle freine également le développement du continent.

Un autre sujet clé abordé au FRADD 2021 fut l’opportunité présentée par les énergies renouvelables pour le continent africain, comme le résume Mme Ahunna Eziakonwa, Directrice du Bureau régional pour l’Afrique au PNUD. La transition énergétique est en effet une occasion d’augmenter significativement l’accès à l’énergie, à la fois pour le secteur industriel et pour la population, ce qui est majeur sur un continent où près de 900 millions de personnes n’ont toujours pas accès à des installations sanitaires ou de moyen sûr de chauffer leur nourriture. Des projets soutenus par le PNUD, comme celui des mini-réseaux interconnectés, montrent les possibilités dans ce domaine.

M. Collen V. Kelapile, ambassadeur et Représentant permanent du Botswana auprès des Nations unies, mentionne quant à lui le troisième thème abordé par le FRADD, lui aussi crucial pour pouvoir réaliser l’Agenda 2030 : les solutions fondées sur la nature. La mise en place de ces solutions permet en effet d’atténuer et de s’adapter au changement climatique, en augmentant ainsi la résilience des communautés


Le journal de bord est réalisé par différents acteurs et les propos n’engagent pas le Gouvernement français.
Certaines analyses sont rédigées en partenariat avec l’Institut Open Diplomacy.

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