L’ADEME consacre un état de l’art aux coopérations territoriales

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Les coopérations économiques territoriales de transition

L’ADEME consacre un état de l’art aux coopérations économiques territoriales pour répondre à une question simple mais décisive : les territoires peuvent-ils devenir des moteurs concrets de la transition écologique et sociale ? À travers le programme COOP’ÉCO, l’agence cherche à mieux comprendre dans quelles conditions les dynamiques locales contribuent réellement à transformer nos modèles de développement.

Au cœur du rapport se trouve l’idée que le « couple territoire–transition » pourrait constituer un nouveau paradigme. Longtemps, le développement a été pensé à l’échelle nationale ou mondiale, à travers des logiques de croissance et de compétitivité. Progressivement, les chercheurs et les acteurs publics ont redécouvert le rôle des territoires : lieux de coopération entre entreprises, collectivités, associations et citoyens, ils favorisent l’innovation et l’ancrage local des activités.

Mais face aux urgences climatiques, sociales et environnementales, cette approche ne suffit plus. Le rapport montre que les territoires ne doivent pas seulement être performants économiquement : ils doivent aussi préserver les ressources, réduire les inégalités et renforcer la participation démocratique. Autrement dit, ils doivent contribuer aux objectifs fixés par l’Nations Unies dans le cadre de l’Agenda 2030 et de ses 17 Objectifs de développement durable (ODD).

Les coopérations économiques territoriales de transition (CETT) s’inscrivent pleinement dans cette perspective. Elles réunissent des acteurs variés autour de projets communs : relocalisation de filières, économie circulaire, circuits courts, énergies renouvelables, nouvelles formes d’emploi ou de gouvernance partagée. Ces initiatives peuvent contribuer à l’ODD8 (travail décent), à l’ODD12 (consommation responsable), à l’ODD13 (action climatique) ou encore à l’ODD11 (villes et communautés durables).

L’enjeu central du rapport est d’identifier les conditions de réussite de ces coopérations : qualité du dialogue entre acteurs, stabilité des règles locales, capacité d’innovation collective, soutien des politiques publiques. Il souligne aussi leurs limites : poids des logiques descendantes, fragmentation des initiatives, difficulté à changer d’échelle.

L’étude défend une idée forte, la transition ne se décrète pas uniquement par des accords internationaux, elle se construit aussi à l’échelle « méso-territoriale », là où se croisent acteurs économiques, institutions et citoyens. Les territoires apparaissent ainsi comme des laboratoires indispensables pour concrétiser l’Agenda 2030 et engager une transformation structurelle vers plus de sobriété, de justice sociale et de résilience écologique.

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