ODD7 - Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable

Le septième ODD est au centre de des défis majeurs d'aujourd'hui mais aussi des opportunités de demain. Qu’il s’agisse de lutter contre le changement climatique bien sûr, mais aussi de développer les emplois, les logements, les connexions, la sécurité, la production de nourriture, etc., l’accès de tous à une énergie durable est essentiel. Cet ODD constitue indubitablement une opportunité pour transformer les vies, les économies et la planète.

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ODD 7 - Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable
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Présentation de l’ODD

Cibles

Cibles de l'ODD7
Titre de la cible Descriptif de la cible
Accès à l’énergie 7.1: D’ici à 2030, garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables et modernes, à un coût abordable

Énergies renouvelables

7.2: D’ici à 2030, accroître nettement la part de l’énergie renouvelable dans le bouquet énergétique mondial

Efficacité énergétique

7.3: D’ici à 2030, multiplier par deux le taux mondial d’amélioration de l’efficacité énergétique

Recherche et investissement

7.a: D’ici à 2030, renforcer la coopération internationale en vue de faciliter l’accès à la recherche et aux technologies relatives à l’énergie propre, notamment l’énergie renouvelable, l’efficacité énergétique et les nouvelles technologies relatives aux combustibles fossiles propres, et promouvoir l’investissement dans l’infrastructure énergétique et les technologies relatives à l’énergie propre

Approvisionnement en énergie

7.b: D’ici à 2030, développer l’infrastructure et améliorer la technologie afin d’approvisionner en services énergétiques modernes et durables tous les habitants des pays en développement, en particulier des pays les moins avancés, des petits États insulaires en développement et des pays en développement sans littoral, dans le respect des programmes d’aide qui les concernent

Indicateurs de suivi

Les indicateurs de suivi mondial des 17 Objectifs de développement durable ne conviennent pas nécessairement à la situation et enjeux de chaque pays. Des déclinaisons ont été proposée aux échelles européenne et française.

Relations avec les autres ODD

Les 17 objectifs de l’Agenda 2030 sont imbriqués et indissociables. Pour la bonne atteinte d’un ODD, la prise en compte de ses relations avec chacun des 16 autres est essentielle. Chaque ODD est donc directement ou indirectement impacté par les autres.

Sous forme de « rosace », ces animations servent à identifier les connexions ou « interrelations » existantes entre un ODD précis et chacun des 16 autres et mettre en lumière les sujets communs entre objectif. Elles donnent à l'utilisateur des pistes sur la meilleure manière de mettre en œuvre un ODD pour en atteindre un autre.

Rosace des interactions de L'ODD n°7

Pour aller plus loin … Une animation pour comprendre les interrelations entre cet ODD et les autres


Où en est la France ?

Enjeux domestiques

La transition énergétique doit s’accélérer pour répondre au défi climatique : elle passe à la fois par le déploiement massif des solutions disponibles, en particulier dans les domaines des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, ainsi que par la recherche systématique de nouvelles innovations pour préparer un relèvement de l’ambition dans les prochaines années.

Pour la France, allier indépendance énergétique et énergies renouvelables à un coût raisonnable constitue un enjeu majeur. 

Elle se fixe ainsi pour objectif de doubler la part de sa consommation énergétique finale couverte par les énergies renouvelables d’ici 2030.

De nombreuses politiques publiques sont mises en œuvre pour encourager la sobriété et l’efficacité énergétique (bâtiments certifiés basse consommation et haute qualité environnementale, véhicules propres…) ainsi que l’utilisation d’énergies renouvelables. Ces efforts se concentrent sur les secteurs de l’industrie, des transports et du bâtiment.

Parallèlement, la sécurité d’approvisionnement et la maîtrise des prix partout en France font l'objet de cadres rigoureux. Cela constitue un défi particulier dans les territoires ultramarins, via le développement de réseaux d'énergie locaux afin de mieux maîtriser les coûts de production.

Enfin, la lutte contre la précarité énergétique en France constitue un défi à la fois environnemental et sociétal.

5,1 millions

de ménages français (12 millions d’individus) sont en situation de précarité énergétique (Observatoire national de la précarité énergétique, 2016).

Enjeux internationaux

La France s’est engagée à consacrer plus de 3 milliards d’euros au développement des énergies renouvelables en Afrique d’ici 2020 où le taux d’électrification régional dans la partie subsaharienne - 31% - est le plus faible du monde.

Dans le cadre de la COP 21, la France a soutenu des initiatives multilatérales structurantes sur l'énergie, comme la« SIDS lightouses Initiative »pour un déploiement rapide de l'énergie renouvelable dans les petits États insulaires en développement, ou encore « l'Alliance Solaire internationale » dont le premier sommet international s'est tenu le 11 mars 2018 à New Delhi.

14 %

de la population mondiale n'a pas accès à l'électricité (Agence internationale de l'énergie, 2017).

Chiffres clés

  • La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie en France s’élève à 15,7 % en 2016 (ministère de la Transition écologique et solidaire, 2016).
  • La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte vise l'augmentation de la part des énergies renouvelables, à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de cette consommation en 2030 (ministère de la Transition écologique et solidaire, 2016).
  • La programmation pluriannuelle de l'énergie  ambitionne une baisse de 12,3% de la consommation finale d'énergie en France en 2023 par rapport à 2012 (ministère de la Transition écologique et solidaire, 2016)

Actions de la France

Action de l’État

 La politique de l’énergie française s’insère dans un cadre qui se décline à plusieurs échelles : mondiale avec l’Accord de Paris sur le climat adopté par l'ONU en 2015 ; européenne avec notamment le 4ᵉ « paquet européen pour une énergie propre » ; nationale avec la loi  du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 et le Plan climat adopté en 2017.

La France s’est engagée avant même la COP21 qui a abouti à l'Accord de Paris, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990. La LTECV a fixé des objectifs précis pour y parvenir : réduire la consommation énergétique finale de 50 % d’ici 2050 par rapport à 2012 et porter la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute à 32 % d’ici 2030.

Le Plan climat adopté en 2017 renforce cette ambition en inscrivant la neutralité carbone comme un objectif à atteindre en 2050.

Ainsi, dès 2015, sur un milliard d'euros publics investis dans le domaine de l'énergie, 44 % ont été fléchés sur les technologies pour la transition énergétique (énergies renouvelables, efficacité énergétique, capture et valorisation du CO2, stockage de l’énergie et réseaux intelligents, etc.). 

Ces ambitions sont déclinées dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie de l’État, dont les deux prochains volets (2019-2023 et 2023-2028) sont révisés en 2018.

L’État soutient l’industrialisation des filières d'énergies renouvelables, sur le plan de la recherche et du développement ou encore pour leur assurer la rentabilité minimale nécessaire à leur déploiement. Une attention toute particulière est accordée à la production de chaleur (chauffage, eau chaude), qui constitue un confort essentiel pour chaque ménage français et représente 50 % de la consommation d'énergie nationale annuelle. Afin de financer les projets de production de chaleur à partir d’énergies renouvelables et de récupération d’énergie, un Fonds a été créé dès 2009 et doté de 1,6 milliards d’euros. Il a depuis lors soutenu près de 4 000 réalisations.

Parallèlement, dans le but de limiter la déperdition d'énergie, le programme « Habiter Mieux » de l'Agence nationale de l’habitat (ANAH) propose depuis 2010 des aides aux ménages précaires pour la rénovation de leur habitat. En 2017, ce sont 418,3 millions d’euros qui ont été dédiés à la rénovation de 52 266 logements.

Plus récemment et pour accélérer la mise en œuvre de l'ODD7, un Plan de libération des énergies renouvelables a été lancé par le ministère de la transition écologique et solidaire (Janvier 2018). Il prévoit notamment la généralisation du chèque énergie pour lutter contre la précarité énergétique ou encore l'accélération de la concrétisation des projets éoliens.

Enfin, une proposition de loi d’orientation relative aux mobilités sera débattue au Parlement en 2018 et comportera un volet sur le développement des mobilités propres. 

Action des acteurs non-étatiques

Victorien Erussard a été nommé premier ambassadeur français des ODD. Il est le fondateur et capitaine d’Energy Observer, un bateau reposant sur un couplage d’énergies renouvelables qui a pour objet de mettre en avant des solutions innovantes et efficaces en faveur de la transition énergétique. Pour ce faire, il réalisera au cours des 4 prochaines années un tour du monde composé de 205 escales, lors desquelles il documentera avec son équipe des projets durables locaux, inspirants, et participants à la réalisation des ODD. Lors de chacune de ses escales sera réalisée une vidéo présentant des solutions locales aux couleurs des ODD, qui seront diffusés sur le site web des ODD.

La Convention des Maires pour le climat et l’énergie rassemble des milliers d’autorités locales et régionales volontairement engagées dans la mise en œuvre des objectifs européens en termes de climat et d’énergie sur leur territoire.  En 2015, la Convention des Maires s'est engagée à soutenir la mise en œuvre de l’objectif de réduction de 40 % des gaz à effet de serre de l’UE à l’horizon 2030, en écho à l'ODD7. Cet engagement se traduit par la production de Plan d’Action en faveur de l’Énergie Durable et du Climat exposant les actions clés que chaque ville prévoit d’entreprendre.

Les entreprises françaises diffusent leur savoir-faire et technologies de pointe en matière d'énergies renouvelables, et ce partout dans le monde comme en témoigne la cartographie des réalisations françaises à l’international réalisée par l’Ademe et le syndicat des énergies renouvelables. 

Dans le cadre du French Business Climate Pledge, de nombreuses entreprises françaises se sont engagées pour contribuer à la transition énergétique et plus largement à la lutte contre le changement climatique. Sur la période 2016-2020, les investissements des signataires du manifeste atteindraient 60 milliards d'euros, en faveur des énergies renouvelables, de l'efficacité énergétique, des technologies à bas carbone et des pratiques agricoles durables.

La France dispose d'une communauté de recherche dans le domaine de l'énergie reconnue mondialement. Elle est dotée d’un important dispositif de démonstration et de partenariats publics-privés visant les nouvelles technologies de l'énergie. Le soutien à la recherche et l’innovation constitue un des axes majeurs de la transition énergétique pour accompagner les filières correspondantes vers la maturité et la compétitivité. À titre d'illustration, l’Alliance nationale de coordination de la recherche pour l’énergie créée en 2009 a pour objectif de renforcer l’efficacité, la valorisation et le rayonnement international de la recherche publique française, en assurant une meilleure coordination de la programmation scientifique. Elle rassemble les organismes de recherche publique français concernés par les problématiques de l’énergie.