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Publié le 18 février 2026
À l’International Préserver la biodiversité, les milieux et les ressources Soutenir des modes de production et de consommation responsables Lutter contre le changement climatique et protéger l’atmosphère
Le rapport Global Tipping Points Report 2025 alerte sur des seuils écologiques et climatiques déjà franchis ou imminents. Fonte des glaciers, disparition des récifs coralliens, perturbation des courants océaniques… Ces points de bascule risquent de déclencher des changements irréversibles.
Les points de bascule mondiaux - Rapport 2025
Le rapport Global Tipping Points Report 2025, publié par l’Université d’Exeter et le Potsdam Institute for Climate Impact Research, sonne comme un appel d’urgence pour notre planète. Il met en lumière une réalité inquiétante : plusieurs systèmes essentiels du fonctionnement du système Terre approchent, voire ont déjà franchi, des seuils critiques, les fameux points de bascule, qui risquent de déclencher des changements brutaux et irréversibles.
Un point de bascule désigne un seuil au delà duquel un système climatique ou écologique ne peut plus revenir à son état antérieur même si les pressions qui l’ont fait basculer diminuent. Ces seuils sont étroitement liés au niveau de réchauffement climatique : plus il augmente, plus la probabilité de franchir de tels seuils grandit. Ce qui distingue ces points des limites planétaires est leur irréversibilité et leur imprévisibilité, une fois franchis, ils peuvent déclencher des réactions en chaîne qui déstabilisent d’autres systèmes.
Parmi les principaux points de bascule identifiés figurent la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique de l’Ouest, la disparition de la banquise estivale en Antarctique, le recul des glaciers et le dégel du pergélisol, la mortalité des récifs coralliens, le dépérissement des forêts tropicales, la transformation des deltas et tourbières, ainsi que l’effondrement des courants océaniques majeurs comme l’AMOC, même si ce dernier point est remis en question par une étude récente.
Le rapport indique que le point de bascule des récifs coralliens a déjà été franchi, que ceux concernant les grandes calottes glaciaires sont sur le point d’être activés et que le péril est élevé pour d’autres systèmes comme le pergélisol et les courants océaniques. Ces basculements ont déjà des conséquences palpables pour les sociétés humaines : élévation du niveau de la mer, pertes de biodiversité, modification des régimes climatiques, risques pour la sécurité alimentaire et migrations humaines massives.
Ce diagnostic souligne l’importance de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, d’atteindre la neutralité carbone le plus vite possible, et d’intégrer ces risques dans les politiques d’adaptation. De plus, le rapport plaide pour des solutions systémiques et multisectorielles : protection de la biodiversité, lutte contre la déforestation, transition vers des systèmes agricoles durables, et actions à l’échelle locale comme globale.
Les points de basculement climatique (climate tipping points), identifiés par le GIEC dans le rapport de 2019 et les suivants, définissent des modifications possibles ou prévisibles du système climatique global, potentiellement brutales, telles qu’un retour en arrière ne sera pas possible à court ou à moyen terme.
Ces points sont au nombre de six pour les océans et neuf pour la cryosphère.
Disparition de l’AMOC, ou circulation de retournement, parfois confondue avec le Gulf stream (peu certain, mais physiquement pas impossible) Refroidissement du gyre subpolaire (certitude moyenne) Augmentation des vagues de chaleur marines (très probable) avec risque de disparition des coraux Rétraction des glaces arctiques (très probable) Désoxygénation des océans et évènements hypoxiques (certitude moyenne) Acidification des océans (presque certain) Émissions de méthane par le pergélisol (certitude moyenne) Émissions de CO2 par le pergélisol (certitude faible) Disparition partielle de l’Inlandsis Ouest-Antarctique (certitude faible) Déclin de l’Inlandsis groenlandais (très probable) Disparition des banquises (certitude faible) Effondrement des glaciers et augmentation des risques liés aux glaciers (certitude moyenne) Fort déclin ou disparition de glaciers (certitude moyenne) Glissements de terrains liés aux glaciers et au pergélisol, asséchement des lacs glaciaires (certitude moyenne d’une fréquence accrue) Changement dans la biodiversité des espaces de haute montagne (certitude moyenne)
Les limites planétaires sont neuf processus biophysiques, fonctionnant en interaction avec les sociétés humaines, soumis à des forçages anthropiques tels qu’un point de rupture risque d’être atteint (Boursier et Guimont, 2023, p. 8). Leur liste a été établie à partir de 2009 par l’École de Stockholm, un groupe de chercheurs du Stockholm Resilience Centre travaillant sur les questions environnementales globales. Elles constituent l’argument principal attestant l’entrée de l’humanité dans l’Anthropocène et dans la Grande accélération.
La notion de limite, ici, est à prendre au sens d’une frontière, d’une démarcation (planet boundaries en anglais) qu’il ne faut pas franchir, sous peine d’enclencher des boucles de rétroaction irréversibles.
Parmi les neuf dont la liste a été établie en 2009, six limites sont déjà franchies par l’humanité (ibid.) : le changement climatique, la réduction de la biodiversité, les perturbations du cycle de l’azote et du phosphore, la surexploitation des sols, la surconsommation d’eau douce et les pollutions chimiques. Les trois autres limites sont l’acidification des océans, la déplétion de la couche d’ozone et les émissions d’aérosols atmosphériques.
Concernant les deux premières de la liste, on sait ainsi qu’il ne sera plus possible de revenir aux températures moyennes d’avant l’ère industrielle, et qu’un grand nombre d’espèces animales et végétales ont déjà disparu. Par exemple, l’effondrement des populations d’insectes en Europe occidentale est telle qu’on ignore si un point de bascule n’a pas déjà été franchi (Seibold et al., 2019, résumé ici).
Les limites planétaires sont fréquemment représentées à l’aide de la figure publiée par Steffen et al. (2004, p. 259) dont on retrouve une version en français ici.
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