l’ESDN ouvre le débat sur l’avenir des politiques de développement durable en Europe

Réunis en novembre 2025 à Copenhague, experts et décideurs publics européens ont dressé le bilan de dix années de mise en œuvre des Objectifs de développement durable. Organisée par le European Sustainable Development Network (ESDN), la conférence a esquissé les contours d’un futur cadre stratégique appelé à prolonger l’Agenda 2030 dans un contexte géopolitique en mutation.

La conférence ESDN 2025 à Copenhague : « Agenda post-2030 : 10 ans de mise en œuvre des ODD et idées pour un agenda futur »
La conférence ESDN 2025 à Copenhague : « Agenda post-2030 : 10 ans de mise en œuvre des ODD et idées pour un agenda futur » - Crédits : ESDN Agrandir la figure 3389

La conférence ESDN 2025 à Copenhague : « Agenda post-2030 : 10 ans de mise en œuvre des ODD et idées pour un agenda futur »

Le réseau européen de développement durable (ESDN) est une plateforme de coopération créée en 2002 qui réunit des administrations publiques, des experts et des responsables politiques européens autour des enjeux liés à la stratégie et à la mise en œuvre du développement durable. En s’appuyant sur l’Agenda 2030 des Nations unies et les 17 Objectifs de développement durable (ODD), l’ESDN facilite l’échange de bonnes pratiques, favorise l’apprentissage mutuel et produit des synthèses (Policy Notes) qui formulent des recommandations à destination des décideurs politiques européens et nationaux.

Réunie à Copenhague les 25 et 26 novembre 2025, sous présidence danoise de l’UE, la conférence du Réseau européen du développement durable, intitulée « Agenda post-2030 : 10 ans de mise en œuvre des ODD et idées pour un agenda futur » a dressé un bilan de dix années de mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) et ouvert la réflexion sur l’après-2030. Adopté en 2015 avec l’ambition de « transformer notre monde », l’Agenda 2030 s’est imposé comme un langage commun et une véritable boussole pour l’action internationale. Pourtant, le constat est préoccupant : selon le Rapport 2025 des Nations Unies, seuls 35 % des cibles évaluées progressent de manière satisfaisante, tandis que près de la moitié avancent trop lentement et 18 % régressent par rapport à 2015.

Les crises successives, pandémie, guerre en Europe, instabilité économique, fragilisation du multilatéralisme, ont ralenti la dynamique. Dans ce contexte, l’Europe demeure néanmoins en tête du classement mondial et l’UE a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 37 % depuis 1990. Des avancées sont également constatées en matière d’emplois verts et d’énergies renouvelables, malgré des lacunes persistantes concernant la cohérence des politiques, l’intégration budgétaire des objectifs et la prise en compte des effets transfrontières.

Les échanges ont souligné l’importance de la coopération, de la persévérance et de l’inclusion de la société civile et des jeunes, ainsi que la nécessité d’assumer des arbitrages politiques et de renforcer des cadres de gouvernance encore inadaptés à des défis complexes.

Cinq priorités se dégagent : accélérer l’action d’ici 2030 ; réformer la gouvernance pour l’après-2030 ; approfondir l’implication de la société civile et de la jeunesse ; consolider la coordination multi-niveaux, notamment locale ; et développer des indicateurs complémentaires au PIB, centrés sur le bien-être et la résilience.
À l’approche des discussions onusiennes prévues dès 2027 sur l’avenir de l’Agenda, la prolongation de l’Agenda 2030 apparaît probable, d’où la nécessité de préparer dès à présent des propositions ambitieuses pour l’après-2030.