« Peoples’ Climate Vote » une enquête menée par le PNUD, dont les résultats ont été traités par l’Université d’Oxford, reflète l’avis de plus de la moitié de la population mondiale. Soixante-quatre pour cent des personnes interrogées considèrent les changements climatiques comme une urgence mondiale, et ce, malgré l’actuelle pandémie de COVID-19.

Jeunes femmes asiatiques en costume traditionnel présentant 2 logos des ODD
Crédits : PNUD Bhoutan

Les résultats du Peoples’ Climate Vote (le Vote populaire pour le climat), la plus grande enquête d’opinion jamais organisée dans le monde sur les changements climatiques, ont été publiés le 27 janvier 2021. Dans le cadre de cette enquête, qui couvre 50 pays abritant plus de la moitié de la population mondiale, ce sont notamment plus d’un demi-million de jeunes de moins de 18 ans qui ont été interrogés, un public clé dans le domaine des changements climatiques, qui ne peut généralement pas encore voter aux élections.

Dans de nombreux pays participants, c’est la première fois qu’un sondage d’opinion à grande échelle est réalisé sur le thème des changements climatiques. L’année 2021 sera décisive pour l’engagement des pays en faveur de l’action pour le climat, étant donné qu’un cycle de négociations important se déroulera lors du Sommet sur le climat de l’ONU en novembre à Glasgow, au Royaume-Uni.

Dans cette enquête, il a été demandé aux répondants si les changements climatiques constituaient une urgence mondiale et s’ils soutenaient dix-huit politiques climatiques clés dans six domaines d’action : l’économie, l’énergie, les transports, l’alimentation et l’agriculture, la nature et la protection des populations.

Il ressort de l’enquête que les personnes interrogées souhaitent l’adoption de politiques climatiques plus vastes que celles appliquées actuellement. Par exemple, dans huit des dix pays couverts enregistrant le plus gros volume d’émissions dans le secteur de l’énergie, la majorité des répondants se sont dits favorables au développement des énergies renouvelables. Dans quatre des cinq pays présentant le plus haut taux d’émissions liées au changement d’affectation des terres et pour lesquelles suffisamment de données ont pu être recueillies sur les préférences en matière de politiques, la majorité des personnes interrogées ont affirmé être favorables à la conservation des forêts et des terres. Neuf des dix pays abritant les populations les plus urbanisées sont pour une utilisation accrue de voitures et d’autobus alimentés à l’énergie propre ou du vélo.

Les politiques proposées ont rencontré un franc succès, les plus populaires étant la préservation des forêts et des terres (soutenue par 54 % du public), le développement de l’énergie solaire, éolienne et renouvelable (53 %), l’adoption de techniques agricoles sans incidence négative sur le climat (52 %) et davantage d’investissements dans les entreprises et les emplois verts (50 %).

L’enquête a révélé un lien direct entre le niveau d’instruction des personnes et leur souhait qu’une action soit menée pour le climat. Les personnes ayant fréquenté une université ou une école supérieure étaient en très grande majorité conscientes de l’urgence climatique, que ce soit dans des pays à faible revenu comme le Bhoutan (82 %) et la République démocratique du Congo (82 %) ou dans des pays riches tels que la France (87 %) et le Japon (82 %).

Pour ce qui est de l’âge des répondants, les plus jeunes (moins de 18 ans) ont davantage tendance à considérer les changements climatiques comme une urgence que les personnes plus âgées. Néanmoins, d’autres groupes d’âge ne sont pas loin derrière, avec 65 % des personnes âgées de 18 à 35 ans conscientes de cette urgence, 66 % des celles âgées de 36 à 59 ans et 58 % des plus de 60 ans, ce qui montre à quel point cette problématique s’est aujourd’hui popularisée