Le thème de cette édition 2021 du FPHN sera : « Une reprise durable et résiliente après la pandémie de COVID-19 qui promeut les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement durable : construire une voie inclusive et efficace pour l’atteinte de l’Agenda 2030 dans le contexte de la décennie d’action et la réalisation du développement durable »

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Les sessions officielles


Session : se rassembler pour aider les petits États insulaires en développement à s’engager sur la voie de la réalisation des Objectifs de développement durable

Compte-rendu :

Cette session, animée par M. Chet Greene, ministre des Affaires étrangères, de l’Immigration et du Commerce international d’Antigua et Barbuda, portait sur les petits états insulaires en développement (PIED ou SIDS en anglais).

Elle a été inaugurée par Mme Mafalda Duarte, PDG du Climate Investment Funds (CIF). Celle-ci a présenté les vulnérabilités climatiques et économiques auxquels les PEID font face : une vulnérabilité face à la crise climatique, et ses sous-produits (multiplication des catastrophes naturelles, montée des eaux), mais aussi une vulnérabilité face à la crise économique consécutive à la pandémie (baisse de 70% du tourisme au niveau mondial, perturbation du commerce). Elle a également mis en avant le caractère peu soutenable des modèles de développement adoptés par certains PIED, et le besoin d’un adopter de nouveaux fondés sur de l’économie bleue, le tourisme durable, l’indépendance énergétique (grâce notamment aux ENR) et la résilience.

On pourra retenir les interventions les plus marquantes :

  • M. Wavel RamKalawan, président des Seychelles, a souligné les difficultés des PEID devant l’effondrement du tourisme et la chute consécutive du niveau de vie. Il a mis en avant l’urgence à délivrer sur le plan climatique, avec l’échéance de la COP26 en ligne de mire. Les PEID supportent d’après lui de façon disproportionnée les conséquences du réchauffement climatique, alors que leur bilan carbone est quasi-nul. Il a estimé que les PEID devaient avoir accès à des financements concessionnels.
  • M. Ashni K. Singh, ministre d’État du Guyana, à la tête du Bureau présidentiel en charge des finances, a également estimé que le revenu par habitant était un critère insuffisant pour l’octroi de financements concessionnels. Il a également mis en avant le levier de croissance que pouvait représenter l’économie bleue.
  • Mme Mereseini Vuniwaqa, ministre des Femmes, des Enfants et pour la lutte contre la pauvreté des Fidji, a plaidé pour l’instauration d’un indice de vulnérabilité multifactoriel (MVI) qui prenne en compte les enjeux de genre.
  • Mme Patricia Scotland, Secrétaire générale du Commonwealth, a abondé dans le sens de Mme Vuniwaqa quant à la pertinence d’un indice multidimensionnel de vulnérabilité qui reflète mieux les contraintes et les défis spécifiques auxquels font face les PEID. Elle a également mis l’accent sur la place à accorder à la résilience dans la relance post-pandémie
  • M. Courtenay Rattray, haut-représentant des Nations unies pour les pays les moins avancés, les pays enclavés en développement et les PIED a exprimé le besoin urgent de liquidité que connaissent les PIED et a proposé que les droits de tirage spéciaux du FMI soit le vecteur pour y répondre.
  • Mme Emeline Siale Ilolahia, Directrice générale du groupe d’ONG Pacific Islands Associations of NonGovernmental Organisations (PIANGO), a demandé aux PIED de s’engager sur des trajectoires plus durables et résilientes en modifiant leurs modèles économiques (tourisme, exploitation des ressources naturelles).

Mme Mylène Charlotte-Habricot, élue de la commune martiniquaise du Lamentin déléguée à la coopération régionale, est intervenue pour la délégation française. Elle a pu y présenter un exemple concret d’action à destination des PIED, le Lamentin ayant mis en place depuis 25 ans désormais une action originale et ambitieuse de coopération à destination de villes partenaires situées dans son bassin régional, à Haïti et à Cuba.


Session : mobiliser la science, la technologie et l’innovation et renforcer l’interface science-politique-société

Compte-rendu :

L’objectif de la session est de faire progresser la mise en œuvre du mécanisme de facilitation technologique dans le cadre de l’Agenda 2030, ainsi que d’autres processus connexes des Nations unies. Elle s’appuiera sur les résultats du 6e Forum multipartite sur la science, la technologie et l’innovation pour les Objectifs de développement durable (4-5 mai 2021) et examinera les recommandations contenues dans le résumé des coprésidents du Forum.

M. Sergiy Kyslytsya (Ukraine), Vice-président de l’ECOSOC a présidé la séance menée par M. Andrejs Pildegovičs, coprésident du Forum STI 2021, ambassadeur et représentant permanent de la Lettonie auprès des Nations unies.

Les questions qui ont structuré les échanges et les interventions sont : Premièrement, quelles sont les solutions prometteuses et les voies technologiques transformatrices pour atteindre les ODD ? Deuxièmement, quels sont les défis et les opportunités associés au déploiement de la Science-Technologie-Innovation (STI) ? L’alimentation. Comment s’attaquer à la fracture numérique et mobiliser les STI pour améliorer les vies et réduire les inégalités ? Enfin, et ce n’est pas le moins important, comment promouvoir la coopération multipartite et internationale ?

Les interventions des panélistes et des participants ont donc répondu à ces interrogations avec des exemples nationaux. Ils ont alors pu échanger les bonnes pratiques et aussi parfois faire part des expérimentations qu’ils ont mené. Il est ressorti de ces échanges la nécessité d’une coopération accrue en particuliers dans les pays du Sud pour accélérer l’harmonisation de l’accès à l’innovation et aux nouvelles technologies. Il fut également un moment question des dérives que peuvent comporter les innovations en particulier lorsqu’elles touchent aux réseaux sociaux. Sur ce point, comme sur les autres, la nécessité de relier entre eux les ODD et de ne pas les isoler, ce qui serait contre-productif, a été appuyé par l’ensemble des participants.

En ce qui concerne la COVID-19, il a été dit que la pandémie a suscité des innovations et de nouvelles formes de collaboration que la STI joue un rôle important dans la compréhension, la réponse et le rétablissement post-pandémie de COVID-19. La crise a été un signal d’alarme pour une meilleure interface science-politique-société, pour une coopération technologique internationale plus efficace et pour renforcer la confiance du public dans la science dans tous les domaines du développement durable.

Emilienne Baneth-Nouailhetas, vice-présidente relations internationales de PSL est intervenue en tant que représentante de la France. Elle a parlé des objectifs dans la mobilisation des scientifiques et des expertises technologiques pour le développement durable. Elle a continué en affirmant : « La STI est au cœur de nos ambitions et nous visons à combler le fossé technologique. Cet effort est essentiel pour sensibiliser les citoyens du Nord. Les mobiliser pour qu’ils travaillent ensemble au développement durable. Nous donnons la priorité à trois sujets : le développement durable, les vies durables et l’éducation au développement durable », et a conclu son intervention en répétant son engagement et plus généralement celui de la France à un engagement pour les ODD passant particulièrement par des compétences technologiques et sociales.


Session : vision et priorités de la société civile, du secteur privé et des autres parties prenantes : réaliser les Objectifs de développement durable dans un contexte post-pandémique

Compte-rendu :

Le contexte de cette session est un peu particulier. En effet, les groupes majeurs et autres parties prenantes sont essentiels à la réussite de la mise en œuvre, du suivi et de l’examen de l’Agenda 2030. Dans le cadre de la préparation du FPHN 2021, ils ont contribué aux processus d’examen à tous les niveaux, notamment lors des forums régionaux sur le développement durable et par le biais des mécanismes d’examen nationaux. Cette session, organisée en collaboration avec le mécanisme de coordination du FPHN du MGoS (Major Groups and other Stakeholders), offre à la société civile, au secteur privé et aux autres grands groupes et parties prenantes l’occasion de mettre en avant leur vision et leurs priorités dans la réalisation des ODD lors de la reprise du COVID-19. Cette session a été présidée par M. Juan Sandoval Mendiolea (Mexique), Vice-président de l’ECOSOC et modérée par Mme Mabel Bianco, Co-présidente, Mécanisme de coordination du MGoS du HLPF. Les intervenants avaient des profils très variés et ont mené une discussion riche centrée autour des points d’attention suivant :

  • Ces acteurs ont souffert et ont été concernés par les conséquences de la COVID, autant du virus en lui-même que des réponses apportées à la crise par certains gouvernements ;
  • La situation est sans précédent, il n’y pas d’égalité concernant les vaccins et, de manière plus générale, l’ODD 10 (Inégalité), est sûrement celui qui est le plus revenu dans les présentations et interventions des participants ;
  • Il est difficile de se faire entendre et de participer alors que les inégalités ne cessent de grimper et que l’attention est portée essentiellement sur la composante sanitaire ;
  • Il a également été remarqué que, si les acteurs ne font pas face, ils n’arriveront pas à se relever, il est nécessaire de continuer l’engagement car, quoi qu’il arrive, il risque d’y avoir des laissés pour compte à la fin de la crise ;
  • Pour faire face et se relever plus fort il n’est nécessaire de prendre en compte les ODD dans les stratégies de relance aussi bien à l’échelle des entreprises qu’à plus grande échelle ;
  • Un message a été lancé pour et par les jeunes qui doivent également faire partie des stratégies de relance pour un monde plus durable ;
  • Un point d’attention a encore été fait concernant l’importance d’éradiquer les violations des droits humains et de ne laisser personne de côté.

La France, représentée ici par Gilles Vermot Desroches vice-président de Global Compact France, a rappelée l’importance d’une mobilisation générale d’une plus grande quantité d’acteurs. Après avoir présenté ce qu’est le Global Compact et la taille du réseau français qui se compose en une partie conséquente de PME ainsi que rappelé le soutien de l’État français, Mr Vermot Desroches a partagé l’expérience des entreprises face à la crise suite à une enquête réalisée. Les entreprises les plus résilientes sont celles qui transforment leurs stratégies et certaines ont centré leur action de relance sur des ODD (par exemple le 3 sur la santé, le 8 sur la croissance, et bien sûr 10 les inégalités). Les engagements des entreprises sont une première étape qui s’accompagne désormais de la mobilisation de l’ensemble de la chaîne de production de sorte à former des sortes de coalitions avec aussi une logique inclusive, pour des produits différents et plus durables. Il a conclu en affirmant que les outils financiers seraient des leviers essentiels à l’accomplissement des ODD.


Analyse rédigée en partenariat avec l’Institut Open Diplomacy par Bastien Beauducel  :

Au moment du 75ème anniversaire de l’ONU, en septembre 2020, l’assemblée générale a adopté une déclaration où elle déclare ne vouloir laisser « personne de côté » (point 7 de la déclaration). La pandémie de la COVID-19 a remis en question cette ambition comme l’a noté le docteur Mabel Bianco, Co-président de l’organisation des groupes mondiaux et autres parties prenantes (Major Groups and Other Stakeholders, MGoS). De nombreux États ont pris comme argument la pandémie pour renforcer leur pouvoir à l’image du Brésil au printemps dernier ou de la Hongrie. Les droits de nombreuses minorités ont été réduits comme c’est le cas des droits des personnes handicapées, ainsi que l’a évoqué Madame Ruth Warick, partie-prenante du groupe de personnes atteintes d’un handicap. La situation économique de nombreuses personnes défavorisées s’est détériorée pendant la crise selon Madame Joan Carling, membre du groupe des personnes indigènes de la région Asie-Pacifique.

La sortie progressive de la pandémie de la COVID-19 dans le monde constitue, selon l’ensemble des intervenants, un moment crucial pour réaliser, de manière effective, l’objectif de ne laisser aucune minorité vulnérable de côté. Ce vœu ne peut être accompli sans des changements dans les structures et les procédures politiques. Ces dernières doivent dorénavant intégrer l’ensemble des parties prenantes pour que l’ensemble des échelons administratifs et les représentants de ces minorités puissent peser sur l’agenda politique et contrôler l’application des réglementations. A titre d’exemple, en Finlande, la commission nationale sur le développement durable intègre le gouvernement, la société civile et des universitaires comme l’a énoncé Monsieur Sami Pirkkala, secrétaire général de la commission nationale sur le développement durable. Dans le même temps, des procédures de consultation alternatives doivent émerger pour que la société civile soit actrice des choix politiques notamment grâce aux outils numériques.

Des réformes systémiques promouvant une plus grande solidarité ont également été demandées afin de réduire les inégalités économiques au niveau mondial, qui ont augmenté durant cette crise.

Cette plus grande consultation et coopération avec l’ensemble des parties prenantes permettra également de les associer concrètement à la réalisation des objectifs pour qu’elles concourent, par leur action, à leur réalisation. En effet, il a été unanimement souligné que la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) n’est pas seulement le fait des pouvoirs publics mais également de la société dans son ensemble. Pour les associations et les organisations non gouvernementales, c’est un moyen de promouvoir leur agenda. Les entreprises doivent également prendre conscience que cela représente un effort rentable puisque le Global compact France a montré qu’il y a une corrélation positive entre les efforts menées par une entreprise pour atteindre les ODD et sa performance économique.


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Les évènements parallèles :


Side-Event du Groupe des amis pour la protection des journalistes à New York (dont les co-présidents sont la Lituanie, la Grèce et la France) avec l’UNESCO

En partenariat avec l’UNESCO, le Groupe des amis des Nations unies pour la protection des journalistes et des organisations de la société civile ont présenté les résultats de leur documentation, des données et des tendances sur la sécurité des journalistes. Des recommandations de la société civile pour protéger l’accès public à l’information et le travail des médias et des journalistes ont été faites.

Lors de la crise sanitaire l’accès à une information de qualité a souvent été mis en danger pourtant il est essentiel à la résolution de celle-ci. L’objectif de cet évènement parallèle a été de se concentrer sur la surveillance de la cible 16.10 en Afrique, en Asie et en Amérique Latine.

Les participants étaient entre autres le Centre pour la liberté d’information en Afrique, une membre, Naziha Syed Ali, de l’équipe d’investigation d’un journal Pakistanais, la Coalition internationale des organisations de la société civile pour la sécurité des journalistes, Free Press Unlimited… et la discussion était modérée par Guilherme Canela De Souza Godoi, Chef, Section de la liberté d’expression et de la sécurité des journalistes, UNESCO.

Les points suivants ont particulièrement été mis en avant :

  • Il ne peut y avoir de développement durable sans sociétés ouvertes et inclusives, et il ne peut y avoir de sociétés ouvertes et inclusives sans un bon accès à l’information ;
  • Dans de nombreux pays les technologies numériques sont parfois utilisées à mauvais escient pour censurer et surveiller l’acquisition de l’information ;
  • La sinistre tendance des attaques extraterritoriales ajoute une nouvelle dimension aux menaces auxquelles les journalistes sont confrontés condamnable et fermement dénoncée ;
  • Le harcèlement légal augmente dans certains pays avec des lois liberticides, le harcèlement en ligne est une donnée qui prend de l’ampleur.
  • La liberté d’expression est un droit individuel mais c’est aussi, et surtout, un droit collectif ;
  • Dans la lutte contre la COVID-19 l’information scientifique et éclairée est une des meilleures armes ;
  • La parité Homme-Femme dans la profession loin d’être atteinte dans certains pays ;
  • Ces questions ne concernent pas seulement les pays en voie de développement mais également les pays développés qui ont parfois eu un discours envers les médias qui a encouragé la répression des journalistes.

Les organisations de la société civile partageront les rapports régionaux de l’Asie du Sud, de l’Afrique subsaharienne et de l’Amérique latine qui s’appuient sur les rapports nationaux volontaires de la Colombie, de l’Indonésie et du Pakistan.


Comment le cadre d’accélération mondial de l’ODD6 peut-il soutenir une reprise durable et résiliente après la pandémie de COVID-19, qui promeut les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement durable, et ouvre une voie inclusive et efficace pour la réalisation du Programme 2030 dans le contexte de la décennie d’action et de mise en œuvre pour le développement durable, organisé par UNDESA et UNESCO

Même avant que la COVID-19 ne frappe, les progrès vers l’objectif de développement durable (ODD) 6 étaient alarmants. Selon le dernier rapport de l’ONU, le rythme actuel des progrès vers l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous devra quadrupler pour respecter l’échéance de 2030. Ania Grobicki, directrice déléguée pour les affaires externes du fond vert pour le climat, a introduit la discussion en insistant sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre de l’ODD6, par la combinaison d’une action coordonnée et une volonté politique. Sous-secrétaire général aux affaires sociales et économiques de l’ONU, Monsieur Lui Zhenmin souligne que l’ODD 6 devrait être une priorité dans la relance après la pandémie, et que les Nations unies sont prêtes à soutenir tous les pays dans cette démarche. Second co-chair de l’événement, M. Gilbert F. Houngbo, représentant de UN-Water et président de l’IFAD, rappelle que l’eau propre et les moyens sanitaires sont les premières armes contre les maladies et des milliards de gens vivent encore sans aujourd’hui. Ce constat est repris par Son Excellence M. V. Bozkir, président de la 75ème session de l’Assemblée Générale des Nations unies, qui appelle à la création de partenariats et au développement de solutions grâce à la science, avant la prochaine pandémie. Le directeur général de l’OMS, M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, a conclu ces propos préliminaires en affirmant que l’eau et l’hygiène sont les piliers de la santé publique quand 1,6 milliard d’homme vivent sans eau propre.

Les progrès sur la capacité du développement d’initiatives ont été le premier thème de la discussion. Du côté des organisations internationales, des cadres ont été développés pour mieux supporter les pays membres dans leurs efforts : M. Zhenmin félicite la conférence de mars 2021 coordonnée par UNDESA et l’UNESCO. Les intervenants se sont accordés pour dire que l’ODD6 était également un enjeu pour l’égalité des genres : donner accès à l’eau donne du pouvoir aux femmes, insiste la directrice générale de l’UNESCO Mme. Audrey Azoulay. L’Espagne se réjouit de sa collaboration avec les pays d’Amérique latine pour promouvoir des infrastructures résilientes et basées sur la nature.

La discussion a ensuite portée sur des exemples précis d’accélération, modérée par Mme. C. Tornesi MacKinnon, présidente du Parlement des jeunes pour l’eau. Les intervenants se sont accordés sur l’urgence de la situation en termes de sécheresse et de la menace pour l’accélération globale. Un programme d’accélération sera lancé pendant la COP26. L’Unicef a présenté des nouvelles techniques permettant un lavage des mains économe en eau, les systèmes d’eau à énergie solaire, ou des systèmes de distribution d’eau après une catastrophe naturelle. La question des investissements a été posée : l’eau ne reçoit que 8 à 10 % des investissements globaux. L’OCDE a mentionné à ce sujet sa prochaine table ronde en septembre 2021 avec deux initiatives pour financer l’eau : l’observatoire mondial sur le financement de l’eau et le cadre général urbain.

Enfin, l’événement a fait place à des débats sur la Conférence des Nations unies qui fera l’examen à mi-parcours de la décennie d’action sur l’eau et réflexions sur l’accélération de la mise en œuvre de l’ODD6, qui va se dérouler en 2023. Les co-sponsors de cet événement sont le Tadjikistan, les Pays Bas et l’Allemagne, qui se sont accordés pour dire qu’il y a de nombreuses opportunités pour s’engager dans le processus de la conférence et qu’il est temps de prendre des actions. Son Excellence Madame Svenja Schulze, ministre allemande de l’environnement, de la conservation de la nature et de la sureté nucléaire a insisté sur la nécessité de coopérer entre les secteurs et niveaux politiques, avec une approche holistique et un vrai support financier, et se dite prête à partager la longue expérience de l’Allemagne sur le management de l’eau. Le Liban la rejoint ces propos sur le besoin vital de collaboration.

La France est intervenue dans cette discussion par l’intermédiaire de M. Vincent Jechoux, directeur de l’équipe Climat et développement à la Mission permanente de la France aux Nations unies. Il a remercié les intervenants pour leur mobilisation. La pression croissante et l’impact du changement climatique et le manque de ressources financières ne laissent pas d’autre choix que de construire une réelle coopération multilatérale. La technique et la politique doivent être les deux faces d’une même médaille. Il a également défini la conférence de 2023 comme cruciale pour implémenter de manière effective et à tous les niveaux les ODD, dont l’ODD 6 et 17. Il félicite l’initiative allemande, la conférence de Bonn, en préparation de 2023, qui aura un grand impact sur la perception du public, et dans la même dynamique, la France invite tous les invités à soutenir le message diffusé aux Nations unies par la Représentation permanente. Lors du Forum Mondial de l’Eau, au Sénégal, événement pour lequel la France est partenaire, une approche intégrative doit être développée. Cet agenda global est essentiel et la France est très engagée pour soutenir le dialogue à tous les niveaux : l’eau mène à la paix et à la sécurité.


Retour à la normale ou transformation ? Relever les défis des droits des peuples, de la justice climatique et du développement durable, organisé par IBON International

Analyse rédigée en partenariat avec l’Institut Open Diplomacypar Jade Plancke

La pandémie de la COVID-19 a eu un impact important sur l’économie globale. Alors que les gouvernements tentent de réduire cet impact et de relancer l’économie, certains d’entre eux ont laissé de côté l’objectif d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). Il est essentiel que les gouvernements s’engagent dans la transformation de cette économie, en prenant en compte les ODD.

La session a débuté avec l’intervention de Jahangir Masum, directeur de l’ONG Coastal Development Partnership, qui a rappelé l’importance de mettre à disposition des ressources financières afin de faire face au changement climatique. Il a ensuite, souligné que l’article 9 des accords de Paris engageait les pays développés à mettre à disposition de ressources financières pour des projets de mitigation et d’adaptation au changement climatique. Par la suite, le panéliste a dénoncé les subventions mondiales pour les énergies fossiles qui continuent d’être à la hauteur des 600-650 millions de dollars par an. Il est essentiel que les gouvernements arrêtent de financer des activités qui ont un impact néfaste pour l’environnement.

Maria Jennifer Haygood-Guste, coordinatrice nationale de « Council for People’s Development and Governance » aux Philippines (CPDG), a rappelé qu’il était important de prendre en compte l’impact sur les populations avant de commencer le développement de nouveaux projets. Elle a dénoncé la construction de New Clark City, une ville écologique aux Philippines, qui a déplacé des populations autochtones. Firas Jaber, cofondateur de AI Marsad, un institut d’observation politique, sociale et économique, a ensuite évoqué les failles du système capitaliste qui est à l’origine des inégalités socio-économiques dans le monde. Alors que les pays développés ont eu accès au vaccin contre la COVID-19 dès que le vaccin a été commercialisé, les pays en voie de développement n’y ont toujours pas accès.

Comme l’a évoqué Georgina Muñoz, directrice de la fondation « Red Nicaragüense de Comercio Comunitario » (RENICC), les pays d’Amérique latine font partie des pays les plus impactés par la crise environnementale et économique. Il est donc important de mettre en place des mesures afin de gérer ces crises. Georgina Muñoz a évoqué l’accord d’Escazu, le premier traité environnemental d’Amérique latine et des Caraïbes qui vise à protéger l’environnement. Enfin, Georgina Muñoz a appelé au soutien économique des pays développés afin d’aider les États les plus vulnérables à faire face à ces défis.


Obtenir des résultats : utiliser le cadre des ODD pour assurer une reprise inclusive et durable, organisé par l’OCDE, le Pérou et la Nouvelle-Zélande

Analyse rédigée en partenariat avec l’Institut Open Diplomacy par Clémentine Fournier

Modéré par des représentants de l’OCDE, cet événement a rassemblé des représentants de la Nouvelle-Zélande, du Pérou, de la Suisse et de l’ONU. Il a permis de souligner les opportunités ainsi que les défis liés à l’utilisation du cadre des Objectifs de développement durable (ODD), notamment dans le contexte de la reprise post-crise de la COVID-19.

M. Jorge Moreira da Silva, directeur de la Direction de la coopération pour le développement à l’OCDE, a ouvert la session en présentant les résultats d’une étude menée en 2020 par l’OCDE sur la mise en œuvre et l’utilisation des ODD, à la fois au niveau des pays et des partenaires de développement. Les résultats de l’étude laissent entrevoir une situation mitigée. Au niveau des pays, bien qu’il y ait un taux d’adoption croissant des indicateurs et des cibles associées aux ODD dans les plans nationaux de développement, ce taux reste bien plus faible pour les autres secteurs du gouvernement. En outre, la COVID-19 a bouleversé et retardé un grand nombre de projets, freinant l’adoption du cadre des ODD et provoquant une crise dans le domaine du développement.

Cependant, comme souligné par un grand nombre de panélistes, la mise en œuvre des ODD présente aussi un grand nombre d’opportunités. Par exemple, Mme Rosie Zwart, conseillère principale pour la planification et les résultats au ministère des Affaires étrangères et du Commerce néo-zélandais, a pu parler du rôle des ODD dans le travail de développement financé par la Nouvelle-Zélande dans de petites îles du Pacifique. Bien qu’il y ait un certain nombre de défis à relever, comme le manque de données disponibles et le manque d’investissements dans la collecte de données, l’utilisation du cadre des ODD a permis à la Nouvelle-Zélande et ses partenaires de collaborer efficacement. Au niveau national, les ODD ont ainsi pu permettre d’harmoniser les interventions, alors qu’au niveau international, ils ont donné un cadre pour la création d’un data hub, une structure qui recueille des données dans un format unifié pour un grand nombre d’États insulaires, et qui a été très précieuse lors de la crise de la COVID-19.

Finalement, comme l’a rappelé S.E. Nestor Popolizio, l’ambassadeur à la représentation permanente du Pérou à l’ONU, non seulement les ODD sont un fil rouge pour trouver des solutions à la crise de la COVID-19, mais la crise est également une opportunité à saisir pour encourager à une plus grande mise en œuvre des ODD, afin de relancer les économies de manière inclusive pour l’ensemble des sociétés.


Les évaluations des ODD par les pays : la pièce manquante du puzzle ?, organisé par l’UNICEF et le Programme alimentaire mondial

Analyse rédigée en partenariat avec l’Institut Open Diplomacy par Bastien Beauducel

Les Objectifs de développement durable (ODD) sont au nombre de dix-sept, eux-mêmes fractionnés en deux cent trente-deux indicateurs. Ces derniers énoncent les résultats qui doivent être atteints en 2030. Pour vérifier leur réalisation, une évaluation est nécessaire en amont afin de s’assurer que les actions menées permettront d’atteindre les ODD en 2030.

Or, dans un monde en constante évolution de par le dérèglement climatique et les multiples catastrophes naturelles et sanitaires, la route reste longue et incertaine. Dans ce contexte, la seule manière de s’assurer de la réussite d’une politique est l’évaluation. Pourtant, aujourd’hui, elle représente la pièce manquante du système, plus particulièrement s’agissant de l’évaluation menée par les États membres.

L’évaluation est un concept dont les Nations Unies se préoccupent beaucoup comme le souligne Robert Piper, assistant du secrétaire général pour le développement de la coordination internationale. En effet, l’organisation travaille en étroite relation avec les États pour construire des modèles d’évaluation globaux permettant d’évaluer tous les aspects d’un programme : économiques, sociaux, discriminatoires, etc.

Toutefois, il a été unanimement souligné que l’évaluation est encore plus efficace quand elle est menée au niveau des États. A ce titre, le docteur Bommakanti Rajender, représentant permanent de l’Inde aux sein des institutions de l’ONU basées à Rome, a mis en avant la nécessité de renforcer la culture de l’évaluation dans les États pour que ces derniers puissent s’approprier les données et les résultats de l’évaluation. Par la suite, ces États pourront appuyer leurs choix politiques à partir des données statistiques avérées comme ce fut le cas lors de la crise de la COVID-19. A titre d’exemple, le professeur Ian Golman, membre de l’institution CLEAR AA, a mis en avant la construction de capacités et de compétences dans la fonction publique nigériane grâce à l’évaluation.

L’évaluation représente aussi un outil de transparence et de redevabilité permettant de construire une culture citoyenne du contrôle. Ian Golman a montré que la mise en œuvre de systèmes d’évaluation a permis de favoriser la compréhension des politiques publiques par les citoyens en Ouganda.

Les systèmes d’évaluation peuvent encore s’améliorer en travaillant sur deux aspects. D’une part, la constitution de base de données étudiant en temps quasi-réel les enjeux économiques, sanitaires et sociaux contemporains permettrait de trouver des réponses idoines plus rapidement. D’autre part, la rédaction d’une nouvelle résolution de l’ONU, dans le prolongement de celle de 2014, et pour renforcer les capacités des États en matière d’évaluation, a notamment été demandée par Nathalie Salas, membre de l’Institut pour l’évaluation en Allemagne. Cette nouvelle résolution pourrait demander aux organisations spécialisées de l’ONU de rédiger des lignes directrices à destination des États pour les accompagner dans l’évaluation des différentes politiques publiques.


Le journal de bord est réalisé par différents acteurs et les propos n’engagent pas le Gouvernement français.
Certaines analyses sont rédigées en partenariat avec l’Institut Open Diplomacy.

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