L’éducation au développement durable : « On n’attend que vous pour faire bouger les choses ! »

En France
28 janvier 2022

L’éducation est un droit humain, un bien public et une responsabilité publique. L’ONU a proclamé le 24 janvier « Journée internationale de l’éducation » pour célébrer le rôle de l’éducation pour la paix et le développement. Comment l’éducation au développement durable (EDD) contribue-t-elle à ces enjeux ? Quels acteurs se mobilisent ? Partons explorer des questions et découvrir l’engagement d’une éco-déléguée, Cassiopée Chiron.

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En 2019, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 24 janvier « Journée internationale de l’éducation ». En effet, une éducation inclusive et équitable est une condition nécessaire pour parvenir à réaliser l’égalité des genres, briser le cycle de la pauvreté et répondre aux enjeux de la crise climatique et environnementale. Des gouvernements aux associations, en incluant la société civile, chacun peut contribuer à son niveau à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable : de la lutte contre la pauvreté (ODD 1), pour une éducation de qualité (ODD 4), à la réduction des inégalités (ODD 10), autant de sujets étroitement liés à une éducation au développement durable.

L’Office for Climate Education a récemment mis en place un projet de recherche international pour apprécier l’impact de l’enseignement au changement climatique sur les élèves – leurs projets, leurs comportements, leurs engagements... Il est destiné en particulier aux enseignants des classes de CM1 et CM2. Si vous êtes intéressés et souhaitez participer, cliquez ici !

Le programme Eco-Schools de la Foundation for Environmental Education a pour but de sensibiliser les plus jeunes aux questions environnementales en leur offrant l’opportunité de s’investir à leur échelle, de l’école à la maison. A titre d’exemple, l’établissement scolaire Nand Vidya Niketan de la ville de Jamnagar, en Inde, fait partie du réseau Eco-Ecole et mène depuis plus de six ans des actions en faveur du développement durable ; en 2021, il a travaillé sur les thématiques de la biodiversité et des déchets.

La France n’est pas en reste, notamment avec la loi Climat et Résilience (articles 5 et 6). L’Agence française de développement lance une étude sur la perception et l’enseignement des ODD dans le secondaire. Si vous êtes enseignante ou enseignant, pour participer à cette enquête nationale, n’hésitez pas à envoyer un e-mail à l’adresse suivante : semaine-europeenne-du-developpement-durable.datpa.ddd.cgdd@developpement-durable.gouv.fr. Elle est réalisée en collaboration avec l’association Teragir, qui accompagne les acteurs de la société dans leurs projets de développement durable à l’aide de cinq programmes d’action. Enseignants, élèves, étudiants, élus ou dirigeants d’entreprises, chacun y trouve sa place. Des écoles maternelles aux lycées, l’association met en place des actions pédagogiques de découverte de la forêt avec le programme « La Forêt s’invite à l’Ecole ! », offrant livrets pédagogiques, plants d’arbres et animations de forestiers au cours du parcours pédagogique.

D’autres associations agissent à leur échelle pour allier éducation et développement durable. L’association Présédys, en partenariat avec Terracycle, contribue à préserver la planète, tout en œuvrant à une action solidaire en faveur de jeunes en situation de handicap. Elle met à disposition des scanners bureautiques portables à des élèves du CM1 aux études supérieures, porteurs de troubles Dys (dyslexie, dysgraphie, dysorthographie) ; elle finance ses actions grâce à la collecte et au recyclage d’instruments d’écritures usagés.

A Nice, l’association Shilakong d’éducation à l’environnement vise à faciliter, notamment grâce à la permaculture, les transitions individuelles et collectives vers des modes de vie éthiques et durables. Il s’agit de se (re)connecter à la nature en créant un jardin pédagogique, le Jardin du Petit Pessicart où les enfants conçoivent leurs jardins potagers. Ce lieu offre l’opportunité d’être véritablement acteurs de la transition écologique, dès le plus jeune âge. Tiers-lieu en devenir, il propose également aux écoles de les aider à démarrer un projet de plantation autour du thème de la symbiose, ou de labélisation « Ecole en Démarche de Développement Durable E3D ».

Le ministère de l’Education nationale a également souhaité que les écoles, collèges et lycées s’engagent dans la dynamique de l’Agenda 2030. L’EDD doit permettre « d’appréhender la complexité du monde dans ses dimensions scientifiques, éthiques et civiques ». La transversalité des enseignements est un mot d’ordre : il s’agit d’intégrer « les enjeux du développement durable dans les nouveaux programmes d’enseignement de l’école primaire et aux programmes d’enseignement disciplinaires du collège et du lycée général, technologique et professionnel ». Les éco-délégués ont un rôle majeur à jouer dans l’EDD : chargés de la mise en œuvre du développement durable dans leurs établissements, ils sont à la fois des co-pilotes et des ambassadeurs des projets pédagogiques.


Cassiopée Chiron, éco-déléguée de Terminale, répond à nos questions sur son rôle, ses missions et ses actions.

Quel est le rôle d’une éco-déléguée ?

« Nous sommes des ambassadeurs du développement durable. Notre rôle consiste à penser des projets qui ont pour objectif la transition écologique au lycée, à les soumettre à l’administration et les mettre en place s’ils sont validés. Au-delà, nous avons un rôle de sensibilisation des élèves aux finalités du développement durable. »

Quelles sont vos missions, quelles actions avez-vous mis en place ?

« Nous avons un rôle à jouer auprès de chaque personne : prévenir et sensibiliser nos camarades pour qu’ils agissent à leur échelle – par exemple, réduire le plastique, consommer moins… rendre le lycée plus respectueux de l’environnement globalement. L’année dernière, notre première requête auprès de l’administration était l’inscription de la démarche des éco-délégués dans la constitution du lycée, pour avoir un rôle officiel et reconnu, être pris au sérieux. Nous avons également instauré le « mardi vert » : à la cantine, proposer un repas végétarien. Depuis 3 ans, nous avons mis en place un calendrier de l’avent au mois de décembre, où chaque jour une action éco responsable est à réaliser ; les résultats sont publiés sur le compte Instagram des éco-délégués. Nous proposons de créer des décorations de Noël soi-même, de faire des dons à des associations, d’offrir des vêtements de seconde main… Cette année, nous avons mis en place une collecte de vêtements, de jouets et de chocolats afin que des familles de l’association Emmaüs fêtent noël comme tout le monde. Tout le lycée s’est mobilisé, et presque tous les élèves ont participé ! Notre action a également une visée informative, nous avons réalisé une vidéo pour expliquer notre rôle au sein du lycée, son importance, et nous avons le projet d’une dizaine de vidéos courtes pour informer sur des thèmes précis comme le plastique, la surconsommation, etc. Le journal du lycée nous permet de nous exprimer sur certains sujets, les éco-délégués rédigent un article chaque mois. »

Quels conseils aux élèves qui hésiteraient à s’engager ?

« Le plus important aujourd’hui est de s’investir dans la transition écologique, de lutter toujours plus, chacun à son échelle. S’il est compliqué de mettre en place des projets au lycée, agir à l’échelle nationale et internationale est un défi encore plus grand ! Si tout le monde contribue, il peut y avoir du changement. Comme le montre l’effet colibri, s’engager dans son lycée c’est essentiel. Prendre conscience des besoins du monde qui nous attend et y répondre à notre échelle, c’est l’enjeu des éco-délégués. Si un élève hésite à s’investir, c’est parce qu’il pense que c’est inutile. Les éco-délégués ont un rôle majeur. On attend que vous pour faire bouger les choses ! »