Face à la montée des inégalités, aux crises climatiques et à l’épuisement des ressources naturelles, les Nations unies estiment que le PIB ne peut plus être l’unique indicateur du progrès. Dans un rapport publié en 2026, elles plaident pour de nouveaux outils de mesure intégrant bien-être humain, justice sociale et soutenabilité environnementale, en lien direct avec les Objectifs de développement durable.
Image illustrant le rapport Counting What Counts : A Compass for Progress on People and Planet (Comptabiliser ce qui compte vraiment : une boussole pour les êtres humains et pour la planète),
Pendant des décennies, le produit intérieur brut (PIB) a été l’indicateur central de la réussite économique des États. Pourtant, cet outil apparaît aujourd’hui insuffisant pour rendre compte des réalités sociales et environnementales contemporaines. Un pays peut enregistrer une forte croissance économique tout en voyant progresser les inégalités, la précarité ou la dégradation des écosystèmes.
C’est le constat dressé dans le rapport Counting What Counts : A Compass for Progress on People and Planet (Comptabiliser ce qui compte vraiment : une boussole pour les êtres humains et pour la planète), publié en 2026 par le groupe d’experts des Nations unies sur le « Beyond GDP »(Gross Domestic Product) avec l’appui de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.
Le rapport souligne que le PIB mesure la production de biens et de services, mais ne permet pas d’évaluer si les populations vivent mieux, si les richesses sont équitablement réparties ou si le développement actuel reste soutenable pour les générations futures. Cette réflexion s’inscrit directement dans la logique des Objectifs de développement durable (ODD), qui associent croissance économique, justice sociale et protection de l’environnement.
Les Nations unies proposent ainsi de compléter le PIB par de nouveaux indicateurs portant sur la santé, l’éducation, les inégalités, la qualité des institutions, le bien-être, la cohésion sociale ou encore l’état des ressources naturelles. Une grande partie de ces données existe déjà dans le cadre du suivi des ODD, ce qui permettrait aux États de les intégrer rapidement dans leurs politiques publiques, leurs budgets ou leurs stratégies climatiques.
Cette réflexion n’est pas totalement nouvelle. En France, la loi du 13 avril 2015 relative aux « nouveaux indicateurs de richesse » avait déjà marqué une étape importante.
Cette loi impose au gouvernement de présenter chaque année au Parlement un rapport complémentaire au PIB, appelé rapport sur les nouveaux indicateurs de richesse (NIR). L’objectif est justement d’évaluer le développement du pays à partir de critères sociaux et environnementaux, et non plus uniquement économiques.
Cette démarche française s’inscrit donc pleinement dans le mouvement international “Beyond GDP” soutenu aujourd’hui par l’ONU. Le rapport de la CNUCED et des Nations unies donne toutefois une dimension mondiale et structurée à cette réflexion, avec l’ambition de créer un langage commun pour mesurer le progrès des sociétés.
Pour aller plus loin…
-* Le PIB ne fait plus le bonheur : pourquoi une nouvelle façon de mesurer le progrès est nécessaire
-* Counting what counts : A compass of progress for people and planet - Report of the Secretary-General’s independent High-level Expert Group on Beyond GDP - 4 May 2026 - English
-* L’initiative européenne « bien-être durable et inclusif »
-* Les nouveaux indicateurs de richesse
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