Biodiversité, quels progrès depuis l’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal en 2022

Publié à l’approche de la COP17 biodiversité, un rapport des Nations unies évalue les progrès accomplis depuis l’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal en 2022. Si les engagements se multiplient, leur mise en œuvre reste insuffisante. Les négociations d’Erevan doivent permettre de corriger cette trajectoire, en tenant compte des liens entre biodiversité, climat et dégradation des terres.

Le rapport State of Biodiversity Action, publié en octobre 2026, constitue le premier bilan mondial des progrès collectifs réalisés dans le cadre de l’accord de Kunming-Montréal. Adopté en 2022, celui-ci fixe 23 cibles à atteindre d’ici à 2030 pour enrayer et inverser la perte de biodiversité. Il prévoit notamment de protéger 30 % des terres et des mers, de restaurer les écosystèmes dégradés et de réduire les pressions exercées sur le vivant.
Le constat est contrasté. Près de 90 % des pays ont défini des objectifs nationaux en matière de biodiversité, signe d’une mobilisation croissante. Mais moins de la moitié des objectifs évalués sont en bonne voie. Les politiques engagées ne permettent donc pas, à ce stade, d’atteindre les ambitions collectives fixées pour 2030.

Les obstacles sont connus. Les financements restent insuffisants, les stratégies nationales doivent être davantage mises en œuvre et les politiques économiques continuent parfois de favoriser des activités dommageables pour la nature. L’agriculture, l’exploitation des ressources, l’artificialisation des sols et la pollution figurent parmi les facteurs de pression. Le rapport souligne ainsi la nécessité de mieux intégrer la biodiversité dans les décisions publiques, les investissements et les modes de production et de consommation.

Organisée du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie, la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique doit donner une suite politique à ce diagnostic. Cette conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique constitue une étape importante à mi-parcours entre l’accord de 2022 et l’échéance de 2030. Les États doivent examiner les résultats obtenus, identifier les retards et déterminer comment accélérer les efforts.

La France défend un renforcement des financements, un élargissement de la base des contributeurs et une meilleure intégration de la biodiversité dans les politiques publiques. Elle promeut notamment la planification écologique pour traduire les objectifs internationaux en actions concrètes dans les territoires.

Il s’agit aussi de rendre opérationnels les mécanismes de financement existants, dont le Fonds de Cali, destiné notamment à faire contribuer les entreprises qui tirent profit de l’utilisation de données numériques issues de ressources génétiques.
L’enjeu par ailleurs reste de rendre les engagements mesurables et de renforcer leur suivi. Les collectivités, les entreprises, les chercheurs, les peuples autochtones et les communautés locales ont également un rôle à jouer dans cette mise en œuvre.

La COP17 biodiversité doit être distinguée de la COP17 sur la lutte contre la désertification, organisée en août 2026 en Mongolie. Ces deux conférences relèvent de conventions internationales différentes et répondent à des objectifs spécifiques. La première porte sur la conservation et la restauration du vivant, la seconde traite notamment de la dégradation des terres, de la sécheresse et de la gestion durable des sols.
Leurs sujets se rejoignent toutefois sur le terrain. La dégradation des sols détruit des habitats, fragilise les ressources en eau et réduit la capacité des écosystèmes à stocker du carbone. De son côté, le changement climatique accentue les sécheresses, perturbe les milieux naturels et menace de nombreuses espèces. La préservation de la biodiversité contribue aussi à la sécurité alimentaire et à la résilience des territoires.

Cette articulation se prolonge avec la COP climat prévue en novembre 2026 en Turquie. L’enchaînement de ces trois conférences offre une occasion de mieux coordonner les politiques internationales, sans confondre leurs mandats.
À quatre ans de l’échéance des Objectifs de développement durable, le rapport et la COP17 biodiversité rappellent ainsi une même exigence consistant à traduire les engagements en véritables transformations. La protection de la nature dépend des politiques environnementales mais également des choix agricoles, économiques, financiers et territoriaux. C’est cette cohérence d’ensemble qui déterminera la capacité des États à inverser la tendance d’ici à 2030.


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