Focus 2030 dresse un bilan des inégalités entre femmes et hommes dans le monde en 2026, soulignant les écarts persistants en matière d’éducation, d’accès à l’emploi, de participation politique et de droits économiques. Le dossier analyse également les reculs récents dans certains pays, les obstacles structurels qui freinent l’égalité de genre, ainsi que les progrès enregistrés dans d’autres régions, offrant une photographie globale et comparative de la situation à l’échelle internationale.
Dossier spécial Focus 2030 : état des inégalités femmes-hommes dans le monde
En 2026, à quatre ans seulement de l’échéance des Objectifs de développement durable fixés pour 2030, l’égalité entre les femmes et les hommes reste loin d’être une réalité. Selon le dossier spécial publié par Focus 2030, les progrès enregistrés ces dernières années sont fragiles et, dans de nombreux cas, stagnent voire reculent.
À l’échelle mondiale, les inégalités se manifestent à chaque étape de la vie. Près d’une fille sur cinq est mariée avant ses 18 ans, et une femme sur trois a déjà subi des violences conjugales ou sexuelles. Sur le marché du travail, les femmes représentent seulement 39 % de la population active, sont surreprésentées dans les emplois les moins bien payés et gagnent en moyenne 20 % de moins que les hommes. Seulement 4 % des femmes vivent dans des pays garantissant une quasi‑égalité économique complète. Ces écarts ont un coût : l’inégalité salariale mondiale se traduit par une perte de 160 000 milliards de dollars pour l’économie mondiale.
Parallèlement, l’accès à la santé et aux droits reproductifs est menacé. En 2026, l’avortement n’est libre que dans 76 pays, tandis que 40 % des femmes en âge de procréer vivent dans des pays aux lois restrictives, augmentant le risque de recours à des interventions non sécurisées.
Le rapport dénonce également un recul inquiétant des financements internationaux dédiés à l’égalité de genre. Des pays donateurs, notamment les États‑Unis, ont réduit leurs contributions à l’aide publique au développement, notamment pour la santé sexuelle et reproductive, fragilisant des programmes essentiels. Ce désengagement touche aussi le financement des organisations féministes, qui jouent un rôle clé sur le terrain mais restent profondément sous‑financées.
Face à ces reculs, le dossier de Focus 2030 met en lumière la mobilisation croissante de la société civile, des États et des mouvements féministes. Il souligne l’importance de maintenir et renforcer les financements, de garantir l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles et d’intégrer l’égalité de genre comme une priorité dans les politiques internationales.
Alors que des événements internationaux comme la 70ᵉ Commission de la condition de la femme (CSW70) et le G7 sous présidence française offrent des occasions de relancer l’action, l’égalité femmes‑hommes reste un enjeu central pour un développement plus juste et durable.
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