À l’approche de la fin de son mandat, António Guterres appelle à préserver la vision de l’Agenda 2030 tout en accélérant sa mise en œuvre, face aux crises, aux inégalités et au manque de financements.
New York, 22 septembre 2026. Pour sa dernière ouverture du débat général de l’Assemblée générale des Nations unies, António Guterres a placé la paix, le développement durable et le multilatéralisme au cœur de son message. À une centaine de jours de la fin de son mandat, il a surtout appelé à accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030.
Le message prolonge celui formulé en juillet lors du Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF) : « Let’s keep Agenda 2030’s vision alive. Let’s make these final years count. » (« Préservons la vision de l’Agenda 2030 et Faisons en sorte que ces dernières années comptent »).
Guterres y rappelait les progrès enregistrés grâce aux Objectifs de développement durable, notamment dans la réduction de la mortalité infantile et maternelle, l’accès à la protection sociale, à l’eau potable, à l’électricité et à Internet, ainsi que dans le développement des énergies renouvelables.
En septembre, cette conviction s’inscrit dans un constat plus sombre. « Les fissures sont devenues des gouffres », a-t-il déclaré, évoquant les conflits, les inégalités, les tensions économiques et le dérèglement climatique. Il a insisté sur l’interdépendance entre paix, développement et droits humains, tout en appelant au respect du droit international et à une meilleure protection des civils. Le multilatéralisme doit, selon lui, permettre non seulement de gérer les crises, mais aussi d’agir sur leurs causes profondes.
Le financement du développement constitue l’un des principaux enjeux. Malgré une richesse mondiale sans précédent, des milliards de personnes restent privées de ressources essentielles, tandis que de nombreux pays en développement sont confrontés à la dette et aux conséquences du changement climatique. Guterres demande donc un allègement plus rapide de la dette, des banques multilatérales de développement plus ambitieuses et un accès plus équitable aux droits de tirage spéciaux du FMI.
Le Sommet ODD de 2027 doit, dans cette perspective, constituer une étape majeure avant l’échéance de 2030. Il devra mobiliser les financements, le leadership et la solidarité nécessaires pour accélérer l’action collective. Le « SDG Moment » de septembre, placé sous le thème « Together, We Can Do It », s’inscrit dans cette même dynamique : les progrès restent possibles, mais demeurent trop lents et inégaux.
La crise climatique illustre cette urgence. Guterres considère le dépassement du seuil de 1,5 °C comme quasiment certain et appelle les principaux responsables des émissions à assumer davantage le coût de la transition, tout en renforçant le financement de l’adaptation. Sur l’intelligence artificielle, il défend également un cadre international de gestion des risques, avec un contrôle indépendant et une supervision humaine des décisions critiques.
La succession de Guterres est désormais engagée. Le Conseil de sécurité doit recommander un candidat à l’Assemblée générale, après plusieurs consultations informelles entre ses membres. Après le retrait de Michelle Bachelet, sept candidatures restent en lice : Rebeca Grynspan (Costa Rica), Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana), Rafael Mariano Grossi (Argentine), María Fernanda Espinosa et Ivonne A-Baki (Équateur), Macky Sall (Sénégal) et Olara Otunnu (Ouganda). La nomination du prochain secrétaire général doit intervenir avant la fin de l’année.
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