L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution historique demandant aux États de respecter les obligations climatiques définies par la Cour internationale de Justice. Ce texte, largement soutenu mais controversé, marque une étape importante dans la reconnaissance du droit international comme levier de lutte contre le réchauffement climatique.
Climat : l’ONU adopte une résolution qui renforce les obligations des États
Le 20 mai 2026, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution importante appelant l’ensemble des États à respecter les obligations juridiques rappelées par la Cour internationale de Justice (CIJ) en matière de lutte contre le changement climatique. Le texte a été approuvé par 141 pays, contre 8 oppositions et 28 abstentions. Cette initiative fait suite à un avis consultatif rendu par la CIJ le 23 juillet 2025, à la demande notamment de Vanuatu, un petit État insulaire particulièrement vulnérable à la montée des eaux.
La CIJ, principale juridiction des Nations Unies, rend des avis consultatifs qui n’ont pas de caractère contraignant au sens strict. Ils ne sanctionnent pas les États, mais précisent l’interprétation du droit international applicable. Leur portée est néanmoins importante, car ils fixent un cadre juridique de référence sur lequel peuvent s’appuyer les institutions internationales et les États eux-mêmes.
Dans son avis de 2025, la Cour a rappelé trois obligations essentielles. Les États doivent d’abord prévenir, avec toute la diligence requise, les dommages significatifs causés à l’environnement. Ils sont également tenus de coopérer de bonne foi afin de renforcer l’action collective pour protéger le climat. Enfin, ils doivent garantir le respect des droits humains des populations déjà affectées par les conséquences du dérèglement climatique.
Le vote a suscité de fortes divisions au sein de la communauté internationale. Plusieurs pays, dont l’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie, ont contesté toute interprétation de cet avis comme créant de nouvelles obligations juridiques contraignantes. Ils ont mis en avant la souveraineté des États et leur liberté de choix en matière de politique énergétique, refusant toute obligation légale implicite de sortie des énergies fossiles.
À l’inverse, de nombreux petits États insulaires comme les Fidji, les Palaos ou le Belize, ainsi que des pays comme la France, ont salué une avancée majeure. Ils estiment que ces obligations ne sont pas nouvelles, mais déjà présentes en droit international, et que la CIJ s’est surtout attachée à en clarifier la portée.
Cette résolution envoie un message clair : le droit international s’applique pleinement aux enjeux climatiques. Elle rappelle que les États ne peuvent se soustraire à leurs responsabilités au nom de leur seule souveraineté. Même si sa mise en œuvre concrète reste complexe, cette décision constitue une étape importante à la fois symbolique et juridique dans la gouvernance mondiale du climat.
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