l’Organisation météorologique mondiale publie son rapport sur l’état des ressources en eau

Le nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), publié le 17 septembre 2026, montre que le cycle de l’eau devient plus irrégulier et moins prévisible. Baisse des débits des cours d’eau, recul des glaciers et diminution des réserves d’eau douce témoignent d’une évolution qui pose de nouveaux enjeux pour les sociétés et les écosystèmes.

Crédits : Dominik Van Opdenbosch via Unsplash Agrandir la figure 3796

Année après année, le cycle de l’eau évolue sous l’effet du changement climatique et des pressions exercées par les activités humaines. Le rapport 2025 de l’OMM montre que les cours d’eau ont connu l’une de leurs années les plus sèches des 35 dernières années. Pour la septième année consécutive, les bassins présentant des débits considérés comme normaux sont restés minoritaires. En 2025, ils ne représentaient que 34 à 38 % des bassins observés, contre 46 % en moyenne sur la période 1991-2020.

Cette évolution concerne également les réserves d’eau continentales, qui regroupent notamment les eaux souterraines, les lacs, les cours d’eau, l’humidité des sols, la neige et les glaciers. Leur volume diminue depuis le milieu des années 2010. Les eaux souterraines, qui se renouvellent parfois sur plusieurs années ou décennies, présentent elles aussi des déficits persistants dans plusieurs régions du monde.

Les glaciers constituent un autre indicateur de cette transformation. Pour la quatrième année consécutive, toutes les grandes régions glaciaires ont enregistré une perte nette de masse en 2025. Entre 2023 et 2025, la perte cumulée atteint environ 1 400 gigatonnes d’eau. À court terme, la fonte peut accroître les débits de certains cours d’eau. Mais lorsque les glaciers diminuent suffisamment, leur contribution aux écoulements estivaux baisse à son tour. Certaines régions pourraient ainsi avoir déjà dépassé le « pic d’eau », moment où les apports liés à la fonte atteignent leur maximum.

Le rapport souligne surtout une nouvelle caractéristique du cycle hydrologique : son irrégularité. Certaines régions connaissent des sécheresses prolongées, tandis que d’autres subissent des précipitations et des inondations répétées. Entre 2021 et 2025, l’Asie et l’Afrique ont concentré au moins la moitié des événements extrêmes liés à l’eau recensés et plus de 80 % des décès qui leur sont associés.
Ces évolutions concernent directement l’agriculture, l’alimentation, l’énergie, la biodiversité et l’aménagement des territoires. Elles interrogent aussi la manière de gérer une ressource dont la disponibilité peut varier fortement d’une année à l’autre. La question n’est donc plus seulement celle de la quantité d’eau disponible, mais aussi de sa répartition dans le temps et dans l’espace.

Dans ce contexte, l’adaptation passe notamment par une meilleure connaissance de la ressource, le suivi des nappes et des cours d’eau, le développement des systèmes d’alerte et une gestion coordonnée à l’échelle des bassins versants. L’OMM souligne également l’importance du partage des données, les cours d’eau et les glaciers dépassant les frontières nationales.

Préserver les sols, les zones humides, les forêts et les autres écosystèmes qui contribuent au cycle de l’eau constitue également un levier d’adaptation. La gestion de l’eau doit ainsi être pensée conjointement avec les politiques climatiques, agricoles, d’aménagement et de protection de la biodiversité. Pour l’ONU-Eau, une gestion intégrée et résiliente de l’eau doit notamment mieux prendre en compte les risques de sécheresse et d’inondation, l’efficacité des usages et la protection des écosystèmes d’eau douce.