Face à la croissance urbaine, au changement climatique et aux besoins de mobilité, les villes cherchent de nouvelles façons d’aménager leurs quartiers. À Utrecht comme à Toulouse, des projets montrent comment l’espace urbain peut être réorganisé pour donner davantage de place aux mobilités actives, à la nature et aux usages quotidiens.
Merwede est un nouveau quartier d’Utrecht, aux Pays-Bas, qui doit accueillir environ 12 000 habitants dans 6 000 logements.
Les villes sont au cœur de nombreux enjeux environnementaux et sociaux : déplacements, qualité de l’air, bruit, émissions de gaz à effet de serre, artificialisation des sols, accès aux espaces verts ou encore qualité des espaces publics. La ville durable ne consiste donc pas seulement à construire des bâtiments plus économes en énergie. Elle invite aussi à réfléchir à la manière dont les habitants se déplacent, occupent et partagent l’espace.
Le projet de Merwede, à Utrecht, illustre cette volonté de changer la logique d’aménagement. Sur un ancien site d’activités, la ville construit un quartier de 6 000 logements destiné à accueillir environ 12 000 habitants. L’espace public y sera conçu sans voiture individuelle stationnée dans les rues. Les habitants pourront disposer de voitures, mais le stationnement sera regroupé en périphérie. Le quartier prévoit en contrepartie de nombreuses places pour les vélos, des voitures partagées, des transports publics et des services de proximité.
L’objectif est de rapprocher les fonctions urbaines. Logements, commerces, écoles et services doivent permettre de réaliser une partie des déplacements à pied ou à vélo. Le projet prévoit également une place importante pour les espaces verts. La ville estime ainsi que la réduction du stationnement automobile permet de consacrer davantage d’espace aux usages collectifs et à la nature.
Merwede montre une possibilité de transformation radicale : plutôt que d’adapter progressivement une ville organisée autour de la voiture, le projet part d’un principe différent et organise le quartier autour d’autres modes de déplacement. Le véritable test commencera avec l’arrivée des premiers habitants, prévue à partir de 2027.
La Grande Rue Saint-Michel à Toulouse illustre une autre approche. Il ne s’agit pas de créer un quartier nouveau, mais de transformer une rue existante de 1,6 kilomètre. Son réaménagement a élargi les trottoirs, créé des pistes cyclables séparées de la circulation par des bandes végétalisées et mis la rue en sens unique, tout en maintenant l’accès aux riverains, aux commerces et aux transports publics.
La végétalisation constitue également un élément important du projet. Quarante arbres et de nombreux végétaux ont été plantés et 2 000 m² d’espaces verts ont été créés. Une tranchée de Stockholm permet par ailleurs de récupérer les eaux pluviales tout en favorisant le développement des arbres. Deux écoles situées le long de la rue ont été associées à la plantation.
Dans les deux cas, l’enjeu dépasse la mobilité. Réorganiser l’espace urbain peut contribuer à la qualité de l’air, à la réduction du bruit, à la santé, à l’adaptation aux fortes chaleurs et à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit surtout de considérer ces questions ensemble, plutôt que de les traiter séparément. Faire de la ville un espace où les objectifs environnementaux, sociaux et économiques peuvent être poursuivis simultanément est l’une des ambitions de l’Agenda 2030.