À l’occasion du Forum politique de haut niveau des Nations Unies sur le développement durable, la France a mis à l’honneur le volontariat comme levier stratégique de mise en œuvre des Objectifs de développement durable. Organisé par France Volontaires aux côtés de ses partenaires internationaux, un événement parallèle a réuni acteurs institutionnels, organisations de volontariat et volontaires pour rappeler l’importance d’un engagement responsable, inclusif et porteur d’impact à l’approche de 2030.
Intervenants France Volontaires
Au Forum politique de haut niveau de l’ONU, un événement parallèle de la France célèbre l’Année internationale des volontaires au service du développement durable
France Volontaires a organisé avec succès, le 7 juillet 2026, aux côtés de la Volunteer Groups Alliance (VGA), du programme des Volontaires des Nations unies (VNU) et de Global Volunteering Forum, un événement parallèle consacré au rôle du volontariat dans la mise en œuvre des ODD, s’intitulant « Célébrer l’Année internationale des volontaires 2026 : un volontariat responsable et porteur d’impact au service du développement durable ».
Un événement parallèle à l’occasion de l’Année internationale des volontaires au service du développement durable
Cet événement parallèle, inscrit dans le programme du Forum politique de Haut niveau organisé par l’ECOSOC, était parrainé par la France et s’est tenu au sein même des Nations Unies. Parrainé par la France, ce temps fort du Forum politique de Haut niveau a réuni près de 60 participants, témoignant d’un intérêt croissant pour le volontariat comme levier de transformation.
L’Année internationale du volontariat 2026 est en effet, selon les termes utilisés par Mathieu Perrot, Chef du Service Enjeux Globaux à la mission permanente de la France à New York, en ouverture de l’événement : « une étape importante qui nous permet de réaffirmer une conviction au cœur de notre action internationale : le volontariat n’est pas seulement un acte de solidarité, c’est un levier stratégique et concret du développement durable ».
Un point de vue partagé par Naoual Driouich, Cheffe du bureau des Volontaires des Nations unies à New York : « cette Année n’est pas une célébration en soi. C’est l’occasion de reconnaître le volontariat comme une ressource de développement quantifiable et de l’intégrer dans la manière dont les pays planifient et mettent en œuvre les ODD ».
Le volontariat, levier stratégique et concret du développement durable
Evènement parallèle Volontariat vu de la salle conférence des Nations unies
C’est justement sur ce point que les échanges, modérés par Lucie Morillon, Directrice Communication, Valorisation et Engagement pour France Volontaires, ont d’abord portés.
« Chaque jour, les volontaires contribuent directement à la mise en œuvre de l’Agenda 2030 » a expliqué Mathieu Perrot, prenant pour exemple une étude récente menée par France Volontaires, avec le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du CGDD/MTE, qui montre que 62 % des actions menées par les volontaires internationaux contribuent directement aux ODD environnementaux — ODD 2, 4, 13, 14 et 15. « Ces conclusions confirment ce que nous constatons sur le terrain : les volontaires sont des acteurs essentiels de la transformation » a-t-il commenté, avant de rappeler que « le volontariat international incarne également l’esprit de l’ODD 17 grâce aux partenariats équilibrés [qu’il rend possible] entre la société civile, les collectivités locales, les institutions publiques et les communautés — en France comme dans les pays partenaires ».
La représentante des VNU a porté un plaidoyer fort en faveur de la mesure du volontariat, pour le rendre davantage visible, en écho au rapport 2026 sur l’Etat du volontariat dans le monde. Selon elle, « environ 2,1 milliards de personnes font du volontariat chaque mois. (…) Cela fait du volontariat l’une des contributions les plus importantes au développement partout dans le monde, et l’une des plus sous-estimées », alors qu’il faut « faire passer le volontariat d’une place marginale à une place centrale dans la planification du développement national ». Et d’encourager pour ce faire les différentes parties prenantes à s’approprier l’outil développé par les VNU, le GIVE : l’Indice mondial de l’engagement volontaire qui évalue le volontariat selon quatre dimensions : sa valeur pour les individus, pour les communautés, pour l’économie, ainsi que la solidité de l’environnement propice à sa pratique.
Des programmes structurants
Heather Shapter, directrice exécutive de Crossroads International, a présenté les programmes pluriannuels de l’organisation en Afrique subsaharienne, centrés sur la réalisation de l’ODD n° 2 en s’attaquant aux inégalités entre les sexes, l’une des causes profondes de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté. L’initiative IMAJE, au Sénégal, par exemple, renforce l’accès des jeunes femmes aux formations et opportunités économiques dans l’économie verte. « Ces programmes sont adaptés aux besoins spécifiques des femmes et des filles dans neuf pays d’Afrique subsaharienne, ce qui garantit leur évolutivité, leur capacité à toucher des groupes plus larges et leur capacité à générer un changement à long terme. » a-t-elle précisé.
L’Agence nationale du Volontariat du Togo n’ayant finalement pas pu participer à l’événement, son directeur Omar Agbangba a transmis des éléments partagés par la modératrice, insistant sur le fait que « les programmes de volontariat au Togo soutiennent de manière significative le Plan national de développement et les ODD » : amélioration du ratio élèves-enseignants, contribution à la lutte contre le paludisme et le VIH, production de millions de plants pour le reboisement. L’ANVT a aussi mis en valeur la réciprocité, via des mobilités croisées, qui « renforce l’autonomisation des jeunes et leur insertion socio-professionnelle ».
Une expérience au plus près du terrain
Pour mieux incarner le sujet, deux volontaires ont été appelés à partager leur expérience sur le terrain en termes de contribution à l’Agenda 2030 et renforcement des partenariats.
Christine-Ashley Aryee, ancienne volontaire chez Crossroads International, a collaboré avec NORSAAC dans le nord du Ghana et DUNK Grassroots dans le sud du pays afin de renforcer la communication organisationnelle, de développer les capacités institutionnelles et de soutenir des initiatives en matière d’égalité des genres, de leadership des jeunes et d’autonomisation des filles. Au cours de son volontariat, elle a piloté la création de la conférence SheRises avec DUNK Grassroots — qui évolue aujourd’hui vers la Fondation SheRises.
Louis JEHANNIN - Programme Territoires volontaires de France Volontaires
Louis Jéhannin est un ancien volontaire français, tout juste de retour du Cameroun où il a coordonné durant une année le dispositif de coopération décentralisée entre la Ville de Paris, la Communauté urbaine de Yaoundé et l’Atelier parisien d’urbanisme, autour d’enjeux de réhabilitation urbaine, de végétalisation et de gouvernance locale. Il a notamment participé à la mise en place, à Yaoundé, d’une stratégie de production horticole durable afin d’améliorer la gestion des espaces verts de la capitale et renforcer l’autonomie végétale de la Ville de Yaoundé. Autant de missions en accord avec les objectifs de l’ODD 11 – Villes durables.
Selon lui : « Dans le domaine de la coopération décentralisée, les volontaires déployés jouent un rôle de véritables passerelles entre les différents acteurs. Leur ancrage sur le terrain facilite le dialogue entre les partenaires, renforce la coordination des actions et contribue à une meilleure compréhension des réalités locales (…) et une adaptation continue des actions aux besoins identifiés. »
Accélérer la contribution du volontariat pour l’atteinte des ODD d’ici 2030 et au-delà
Pour accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et la contribution du volontariat, il faut selon le directeur de l’ANVT :
- Des écosystèmes nationaux du volontariat solides, reposant sur des cadres juridiques clairs, des institutions coordonnées,
- Une plus grande reconnaissance des compétences des volontaires
- Un accès inclusif, à toutes et tous, au volontariat international
- Un financement durable et des systèmes de suivi rigoureux.
Les volontaires avaient également un avis tranché à partager quant aux moyens de permettre à davantage de jeunes de s’engager de manière constructive et efficace et de s’épanouir dans des missions pleines de sens, sur des problématiques d’intérêt général.
Louis Jéhannin a identifié deux pistes de progression :
- la nécessité pour les Etats de poursuivre leurs investissements dans le secteur du volontariat, afin que les organisations de volontariat puissent garantir une expérience la plus réussie possible. « Dans un contexte de réduction des financements alloués aux projets de solidarités internationaux le risque serait que les opportunités de volontourisme prennent le relai » a-t-il regretté.
- la question d’une plus grande accessibilité aux opportunités de volontariat, notamment aux jeunes ayant moins d’opportunités.
Christine-Ashley Aryee a également porté la question de l’accessibilité de toutes et tous au volontariat, appelant à un volontariat plus flexible et plus inclusif. Elle a estimé qu’il fallait « faire évoluer le story telling autour du volontariat », « changer la manière dont il est mentionné » pour le rendre plus attractif et atteindre tous les publics.
Volontaire français Louis JEHANNIN et volontaire canadienne Christine Ashley Aryee après leur prise de parole
Assurer un volontariat éthique et responsable
Rebondissant sur le sujet du cadre qualité nécessaire à une expérience réussie de volontariat, Heather Shapter a expliqué la genèse des Standards de Forum. Global Volunteering Forum, avec l’appui précieux de l’organisation britannique VSO, et d’autres partenaires, est parti d’une idée simple : pour que le volontariat ait un impact réel, il faut créer les conditions permettant aux volontaires de réussir. « Les bonnes intentions ne suffisent pas : les volontaires doivent être préparés et accompagnés, les communautés doivent être pleinement associées, et les organisations doivent gérer les risques et garantir sécurité et dignité » a-t-elle précisé.
Des programmes mal conçus peuvent gaspiller des ressources ou causer du tort, tandis que des programmes bien structurés produisent des résultats positifs pour tous. C’est dans cet esprit qu’ont été créés ces Standards, qui apporte un cadre pratique couvrant l’ensemble du cycle du volontariat — conception, partenariats, gestion, devoir de protection, mesure de l’impact.
Ces Standards ne sont pas un outil de conformité ou un label, mais un instrument d’apprentissage et d’amélioration continue, destiné à aider les organisations à être plus responsables et plus efficaces dans leurs actions menées avec des volontaires.
Investir dans le volontariat
Interpellée sur les domaines dans lesquels les gouvernements, les bailleurs de fonds et les organisations internationales devraient investir en priorité, Naoual Driouich a identifié plusieurs axes. Selon elle :
- Les investissements prioritaires doivent d’abord porter sur les données factuelles et le suivi, notamment la mesure du volontariat dans les pays du Sud, car ils conditionnent la reconnaissance, planification, le financement et la protection des volontaires.
- Il est également essentiel d’investir au niveau des communautés. « Renforcer les actions locales permet d’atteindre les populations les plus vulnérables et de soutenir la résilience ».
- Investir dans un environnement propice : une reconnaissance juridique, des politiques claires et des structures de soutien. « Une infrastructure solide pour le volontariat est l’un des investissements les plus rentables qu’un gouvernement puisse réaliser ».
Concernant les partenariats les plus déterminants, la représentante des VNU retient quatre types d’acteurs à impliquer encore davantage :
- Les gouvernements qui définissent politiques et financements ;
- les organisations de volontariat, qui développent normes et capacité de mobilisation ;
- les communautés, pour l’appropriation ;
- et le système onusien, apportant les données factuelles et son pouvoir de mobilisation.
« Ces investissements et alliances permettront au volontariat de contribuer pleinement aux dernières années de l’Agenda 2030 et à la période suivante » a-t-elle estimé.
Se mobiliser maintenant
« Sans le volontariat, l’Agenda 2030 ne pourrait être atteint » a rappelé David Styers, coordinateur du Volunteer Groups Alliance. « Alors que l’échéance de 2030 approche, il est urgent d’accélérer et de permettre au volontariat d’exprimer tout son potentiel ».
Ainsi, à la suite de l’une des plus vastes consultations mondiales jamais menées dans le secteur du volontariat, le Forum mondial du bénévolat, l’IAVE, la FICR, l’UNICEF Generation Unlimited et l’Alliance des groupes de bénévoles ont élaboré conjointement l’« Appel à l’action pour l’avenir du volontariat », lancé en décembre 2025. C’est un appel à reconnaître, soutenir et organiser le volontariat comme un levier essentiel pour la solidarité, la résilience et l’équité. David Styers et Heather Shapter ont appelé toutes les parties prenantes concernées à rejoindre le mouvement et agir dès maintenant.
Lucie Morillon de France Volontaires a conclu les échanges en rappelant que « le volontariat n’est pas un simple accessoire du développement durable : c’est un atout stratégique, une source d’innovation et un moteur d’actions inclusives de partenariat qui mérite des investissements solides et pérennes »
Rendez-vous a été donné aux participants du 19 au 23 octobre pour la Global Volunteering Conference Paris 2026, co-organisée par France Volontaires avec le soutien du MEAE, et qui réunira les principales organisations de volontariat, temps fort de cette année internationale.
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