En ce 2ème jour d’échanges, les discussions du Forum politique de haut niveau sur le développement durable ont souligné les défis structurels auxquels font face les pays les plus vulnérables et l’urgence de renforcer les mécanismes de financement pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable (ODD). De l’appui aux pays en situation particulière à la mobilisation des investissements en faveur de l’innovation, des infrastructures et de l’industrie, les échanges ont rappelé la nécessité d’actions coordonnées et de partenariats renforcés.
Le Forum politique de haut niveau de 2026 poursuit ses travaux pour sa deuxième journée de discussions.
Les sessions du Forum politique de haut niveau (HLPF) de mercredi ont pris la forme d’un atelier consacré aux stratégies de stimulation du développement économique dans les pays les plus vulnérables, suivi d’une réflexion sur les mécanismes de financement nécessaires pour soutenir la croissance économique.
Des délégués se réunissent pour discuter des moyens d’accélérer la réalisation des ODD dans les pays africains, les PMA, les PMI et les pays à revenu intermédiaire
La session matinale, consacrée à l’accélération de la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) dans les pays africains et les pays en situation particulière, a réuni des intervenants et des délégations autour des cadres d’action et des mesures permettant de surmonter les obstacles structurels spécifiques auxquels ces pays sont confrontés.
Une diapositive rappelle certains progrès et défis liés à l’ODD 9
Dans l’après-midi, l’examen des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’ODD 9 (Industrie, innovation et infrastructure) a porté sur les moyens de libérer le « moteur de croissance » du Programme 2030 grâce à des investissements stratégiques dans l’innovation, les infrastructures et le développement industriel. Le financement et l’investissement ont constitué des thèmes transversaux au cours des deux sessions.
L’expression « pays en situation particulière » désigne les États confrontés à des vulnérabilités spécifiques en raison de leur niveau de pauvreté (pays les moins avancés – PMA), de leur absence d’accès direct à la mer (pays en développement sans littoral – PDSL) ou de leur petite taille et de leur isolement géographique (petits États insulaires en développement – PEID). Les pays à revenu intermédiaire (PRI) sont également parfois associés à cette catégorie, notamment en raison du risque de stagnation de leur développement lorsqu’ils perdent l’accès à certains financements concessionnels. Ensemble, ces groupes représentent plus de la moitié de la population mondiale. Comme l’ont rappelé plusieurs intervenants et délégués, « la réalisation des ODD se jouera dans ces pays ».
Les défis structurels des pays vulnérables
Mercredi matin, le premier panel a examiné les obstacles au développement auxquels sont confrontés les PMA, les pays en développement et les pays africains. Les échanges ont porté sur les moyens de renforcer les politiques publiques et les cadres institutionnels afin de favoriser une croissance économique durable et un développement socio-économique inclusif à long terme.
Rabab Fatima , Secrétaire générale adjointe et Haute Représentante pour les PMA, les PMI enclavés et les PEID
Rabab Fatima, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies et Haute Représentante pour les PMA, les PDSL et les PEID, a souligné la nécessité pour les pays d’intégrer pleinement le Programme de développement durable à l’horizon 2030, le Programme d’action de Doha en faveur des PMA, le Programme d’action d’Awaza pour les pays en développement sans littoral ainsi que d’autres cadres internationaux dans leurs politiques nationales, leurs institutions et leurs plans de développement.
Elle a également insisté sur l’urgence de combler le déficit annuel de financement des ODD, estimé à 4 000 milliards de dollars, qui demeure l’un des principaux obstacles à leur réalisation.
Pierre Nguimkeu , directeur de l’Initiative pour la croissance en Afrique
Pierre Nguimkeu, de la Brookings Institution, a notamment recommandé de rendre la finance internationale davantage concessionnelle, prévisible et contracyclique afin de mieux répondre aux besoins des pays en développement.
Les enjeux spécifiques des pays à revenu intermédiaire
Une deuxième table ronde a été consacrée aux défis auxquels sont confrontés les pays à revenu intermédiaire (PRI), notamment à l’élaboration d’un plan d’action stratégique (PAS) adapté à leurs réalités.
Navid Hanif , Sous-Secrétaire général au développement économique, Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UNDESA)
Navid Hanif, représentant du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UNDESA), a indiqué que ce plan devrait répondre aux défis spécifiques des PRI, en particulier les obstacles structurels liés à la réduction des inégalités ainsi qu’à l’accompagnement des transitions écologique et numérique.
Paruyr Hovhannisyan , représentant permanent de l’Arménie auprès de l’ONU et membre du LMG-MICs
Paruyr Hovhannisyan, représentant permanent de l’Arménie auprès des Nations Unies, a souligné que le plan d’action stratégique devrait contribuer à réduire les écarts entre les besoins de développement et les ressources disponibles, notamment en matière de financement, de transfert de technologies, d’innovation, de renforcement des capacités et de partenariats.
Andressa Pellanda , coordinatrice générale de la Campagne latino-américaine pour le droit à l’éducation
Au cours de la discussion interactive, plusieurs délégations ont plaidé pour une approche allant au-delà des seuls critères du PIB ou du revenu national afin de déterminer le statut de pays à revenu intermédiaire. Elles ont insisté sur la nécessité de mieux prendre en compte les vulnérabilités structurelles et les inégalités propres à ces pays.
Certains intervenants ont également évoqué le « paradoxe structurel des PRI » : une croissance économique qui coexiste avec une stagnation de la réduction de la pauvreté, laissant ces pays particulièrement exposés aux chocs extérieurs.
Financement de l’innovation, des infrastructures et de l’industrie
Lors de l’examen de l’ODD 9, les discussions sur le financement ont abordé la question sous un angle complémentaire, en mettant l’accent sur la mobilisation des investissements privés.
John Denton , secrétaire général de la Chambre de commerce internationale
John Denton, de la Chambre de commerce internationale, a souligné l’écart persistant entre les possibilités d’investissement et les capitaux effectivement mobilisés. Selon lui, les gouvernements doivent créer des conditions favorables à l’investissement privé en garantissant un cadre réglementaire stable, des cycles d’investissement prévisibles et une approche qui ne se limite pas à la gestion des risques, mais encourage activement l’augmentation des flux de capitaux privés.
Il a également recommandé que les politiques d’investissement visent à réduire les obstacles et les incertitudes, tout en reconnaissant le rôle essentiel des petites et moyennes entreprises (PME), qui constituent des moteurs de croissance plutôt que de simples bénéficiaires de financements.
Claver Gatete , secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA)
Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, a pour sa part souligné que les faibles notations de crédit attribuées aux pays africains représentent un frein majeur à leur transformation économique, car elles contribuent à renforcer la perception d’un risque élevé auprès des investisseurs privés.
Dans leurs conclusions, les intervenants ont insisté sur la nécessité pour les pays d’améliorer activement leur environnement d’investissement afin d’attirer les volumes de capitaux privés indispensables à la réalisation des ODD.
Les délégués sont encouragés à télécharger l’application FPHN pour rester informés des travaux
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