Au quatrième jour des débats du Forum politique de haut niveau (FPHN), les Nations unies cherchent à repenser la participation des acteurs de la société civile. Les échanges ont souligné la nécessité de passer d’une simple consultation à une véritable co-construction des politiques publiques pour accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable.
Alors que s’ouvre le premier cycle des Revues nationales volontaires (RNV), les délégués mettent en avant le rôle essentiel de l’ODD 17, consacré aux partenariats pour la réalisation des objectifs.
Au quatrième jour du Forum politique de haut niveau (FPHN), la séance consacrée au renforcement des partenariats pour la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) a permis de dresser un double constat, en mesurant les progrès accomplis en matière de participation des parties prenantes et en réfléchissant aux réformes nécessaires pour que le système des Nations unies favorise une inclusion plus effective dans le cadre de l’initiative « UN80 ».
Guy Ryder , Secrétaire général adjoint à la politique, Bureau exécutif du Secrétaire général
L’Agenda 2030 repose sur une mobilisation de l’ensemble de la société, fondée sur l’engagement actif et la participation effective de tous les acteurs concernés. Guy Ryder, Secrétaire général adjoint chargé des politiques au Bureau exécutif du Secrétaire général, a rappelé que cette ambition suppose trois conditions essentielles : renforcer les capacités des parties prenantes, encourager une plus grande ouverture des États membres et créer au sein du système des Nations unies, des espaces favorisant leur participation.
Aller au-delà de la consultation
La salle est en pleine effervescence à l’ouverture des présentations des Revues nationales volontaires (RNV)
Les intervenants ont toutefois souligné que ces conditions demeurent insuffisantes si les acteurs de la société civile ne peuvent participer en toute sécurité. Claudia Fuentes Julio, Secrétaire générale adjointe aux droits de l’homme, a insisté sur la nécessité de protéger les militants et les défenseurs des droits humains. Elle a également plaidé pour dépasser les mécanismes traditionnels de consultation afin d’évoluer vers une véritable co-construction des politiques publiques. Selon elle, une consultation ne saurait se limiter au recueil d’avis sans garantie de leur prise en compte ; une participation effective implique que les parties prenantes puissent influencer les décisions et contribuer directement à l’élaboration des politiques, notamment à travers des budgets participatifs, des projets de développement pilotés par les communautés ou encore la préparation des Revues nationales volontaires (RNV).
Claudia Fuentes Julio , Sous-Secrétaire générale aux droits de l’homme
Des propositions pour une participation plus inclusive
Denisse Cufré , Groupe de parties prenantes LGBTI
Les représentants des différentes parties prenantes ont formulé plusieurs propositions en ce sens. Yugratna Srivastava, du Groupe majeur des enfants et des jeunes, a appelé à faire de la participation des parties prenantes un élément permanent de l’ensemble des travaux des Nations unies, notamment en l’inscrivant systématiquement à l’ordre du jour du Comité de haut niveau sur les programmes. De son côté, Denisse Cufré, du Groupe des parties prenantes LGBTI, a souligné que les dispositifs de participation restent souvent peu inclusifs, non par volonté d’exclusion, mais parce qu’ils ne prennent pas suffisamment en compte les contraintes concrètes auxquelles sont confrontés de nombreux citoyens.
Yugratna Srivastava , Groupe majeur pour l’enfance et la jeunesse (MGCY)
Les échanges ont également permis de mettre en avant plusieurs exemples encourageants. Les intervenants ont notamment salué la contribution des parties prenantes à l’élaboration du Pacte pour l’avenir, estimant que sa mise en œuvre devrait reposer sur un niveau d’implication tout aussi élevé.
Les Revues nationales volontaires au cœur des échanges
La Revue nationale volontaire jamaïcaine met en évidence la vision de la société que la Jamaïque s’efforce de bâtir.
Cette réflexion s’est prolongée au cours de la journée avec les premières présentations des Revues nationales volontaires (RNV). Principaux instruments de suivi des ODD, ces examens voient leur crédibilité renforcée lorsqu’ils sont élaborés avec une large participation des parties prenantes, permettant ainsi de rendre compte plus fidèlement des progrès accomplis et de leurs effets sur les populations.
Parmi les onze pays ayant présenté leur examen, la plupart ont mis en avant les démarches de consultation conduites au niveau national. Les discussions se sont principalement concentrées sur les difficultés rencontrées pour maintenir les progrès face aux crises successives, qu’elles soient liées aux conflits ou aux catastrophes environnementales. Le Burkina Faso, l’Estonie et le Mozambique ont notamment évoqué les répercussions du terrorisme et des tensions internationales sur leurs stratégies nationales de développement durable, tandis que la Jamaïque et les Îles Marshall ont indiqué qu’il était possible de poursuivre la mise en œuvre des ODD tout en renforçant la résilience face aux risques climatiques.
Une accélération indispensable
Au terme de cette quatrième journée, il semble bien que malgré des avancées tangibles dans de nombreux pays, le rythme des progrès reste insuffisant pour atteindre la majorité des cibles des ODD d’ici à 2030. La question de l’accélération de leur mise en œuvre devrait ainsi demeurer au cœur des travaux du Forum politique de haut niveau, à l’approche de son segment ministériel.
Retour en images
Les délégués se réunissent pour une discussion interactive sur la manière de renforcer les alliances pour la mise en œuvre des ODD
Les délégués du Mexique se consultent en début de journée.
Déléguées de Malte
Carla Loveira , ministre des Finances du Mozambique
Issa Konfourou , Représentant permanent du Mali auprès de l’ONU
Univers Lawrence , États fédérés de Micronésie
Andrés Sutt , ministre de l’Énergie et de l’Environnement de l’Estonie
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