À l’heure où les pays présentent leurs Revues nationales volontaires (RNV) sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD), un constat s’impose : derrière les indicateurs et les statistiques se trouvent des trajectoires humaines, des défis concrets et des transformations profondes. Les témoignages présentés au Forum politique de haut niveau sur le développement durable montrent que, malgré des progrès parfois lents et fragiles, chaque avancée contribue à améliorer la vie des populations et à renforcer l’espoir d’un avenir durable.
« Chaque Examen national volontaire (VNR) raconte deux histoires : celle des politiques publiques, des cadres d’action et des indicateurs, et celle des vies qui ont été transformées. »
Konris Maynard, ministre des Infrastructures publiques, de l’Énergie et des Services publics, des Transports intérieurs, de l’Information, de la Communication, des Technologies de l’information et de la communication (TIC) et des Services postaux de Saint-Kitts-et-Nevis.
C’est par ces mots que Konris Maynard, ministre des Infrastructures publiques de Saint-Kitts-et-Nevis, a présenté le rapport national volontaire de son pays lors du Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF). Son intervention a invité les participants à dépasser la lecture des données statistiques pour s’intéresser aux réalités humaines qui se cachent derrière les rapports nationaux mesurant les progrès accomplis vers les Objectifs de développement durable (ODD).
Des pays confrontés à des défis multiples
Les délégués prennent part à une nouvelle séance de présentation des Revues nationales volontaires (RNV)
La majorité des examens nationaux volontaires présentés cette année proviennent de petits États insulaires en développement (PEID) et de pays africains, dont beaucoup sont confrontés à des conflits, aux conséquences du changement climatique ou encore à la flambée des prix de l’énergie.
Le Tonga présente sa 2ème Revue nationale volontaire
Le Tonga, par exemple, a rappelé que l’éruption du volcan Hunga Tonga–Hunga Haʻapai en 2022, suivie d’un tsunami, a fortement ralenti les efforts de reconstruction urbaine. Le pays a toutefois mis en place un fonds fiduciaire destiné à renforcer les systèmes d’alerte précoce et la réduction des risques de catastrophe.
Mohamud Abdirahman Sh. Farah, ministre de la Planification, de l’Investissement et du Développement économique de la Somalie.
La Somalie, pays en situation post-conflit aujourd’hui frappé par une grave sécheresse qui menace de plonger des millions de personnes dans l’insécurité alimentaire, a indiqué avoir enregistré des progrès modérés dans l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Le gouvernement a souligné que la lutte contre l’insécurité alimentaire constitue désormais une priorité nationale. Il a également rappelé que le pays a récemment bénéficié d’un important allègement de sa dette, à la suite de profondes réformes de gouvernance, créant ainsi une marge budgétaire qui permettra, pour la première fois depuis plusieurs années, d’investir davantage dans les infrastructures.
Au Cameroun, les autorités poursuivent le développement des capacités de production d’énergies renouvelables. Cependant, la croissance rapide de la population entraîne une augmentation de la demande en électricité plus rapide que les nouvelles capacités installées. En conséquence, malgré les investissements réalisés, la proportion de la population ayant accès à l’électricité continue de diminuer.
Des progrès réels, mais insuffisants et inégalement répartis
Les différents examens nationaux montrent des avancées souvent lentes ou inégales dans des domaines essentiels tels que l’accès à l’eau, à l’assainissement ou à l’électricité. Cette situation alimente les inquiétudes quant à la capacité des pays à atteindre les ODD d’ici 2030 et souligne le risque que les progrès réalisés profitent davantage à certaines populations qu’à d’autres, accentuant ainsi les inégalités.
Cela étant, derrière ces résultats parfois modestes, les améliorations apportées transforment concrètement la vie des personnes qui en bénéficient.
La Revue nationale volontaire (RNV) de la Tanzanie met en lumière les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’ODD 6 (eau potable et assainissement), de l’ODD 7 (énergie propre et d’un coût abordable) et de l’ODD 9 (industrie, innovation et infrastructures).
Tout au long de la semaine, plusieurs intervenants ont rappelé que des progrès, même lents, restent des progrès. Dans de nombreux cas, les pays mettent également en œuvre des réformes budgétaires et institutionnelles destinées à créer les conditions d’une accélération future du développement. Or, ces efforts préparatoires demeurent souvent peu visibles dans le cadre actuel des indicateurs des ODD.
Renforcer les bases du développement durable
Lors de la session consacrée aux perspectives régionales, José Manuel Salazar-Xirinachs, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), a appelé les États à consolider les fondements économiques de leur développement afin d’accélérer la mise en œuvre des ODD malgré les chocs extérieurs, tout en rejetant les discours excessivement pessimistes.
De son côté, Zoran Dimitrovski, coprésident du Forum régional sur le développement durable de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU), a affirmé que les Objectifs de développement durable demeurent atteignables, à condition que les dirigeants politiques renforcent la cohérence de leurs politiques publiques et leur capacité à les mettre en œuvre.
Les limites des indicateurs de développement durable
Si le cadre mondial des indicateurs des ODD constitue un outil indispensable pour mesurer les progrès réalisés et comparer les performances nationales aux ambitions internationales, les débats de cette journée ont mis en évidence une limite importante : les indicateurs ne permettent pas de mesurer l’impact humain du développement.
Ils ne rendent pas compte de la manière dont les progrès transforment la vie quotidienne des individus, pas plus qu’ils ne reflètent l’espoir, la résilience et la détermination des populations face aux difficultés.
L’espoir, véritable mesure du développement durable
Les délégués jeunesse du Canada
Konris Maynard a conclu son intervention par une réflexion qui a particulièrement marqué les participants :
« Le développement durable se mesure à l’espoir qu’il suscite pour la prochaine génération. »
Cette citation rappelle que, au-delà des statistiques et des indicateurs, la réussite du développement durable réside avant tout dans sa capacité à améliorer durablement les conditions de vie des populations et à offrir de meilleures perspectives aux générations futures
Retour en images
Les délégués se rendent dans la salle du Conseil de tutelle pour poursuivre le débat général.
Maipelo Mophuting, ministre adjointe chargée de la Défense et de la Sécurité auprès de la Présidence de la République du Botswana.
Cataleya Phatoomros, Thailande
Les délégués examinent les moyens d’accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD), en mettant l’accent sur les interventions interrégionales, la localisation des ODD, l’exploitation des approches fondées sur le nexus eau-énergie-alimentation, les mécanismes de financement innovants et la transformation numérique, tout en recensant les enjeux émergents ainsi que les principales priorités à l’horizon 2030 et au-delà.
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