Le nouveau rapport d’ONU Femmes montre que les progrès vers l’égalité restent insuffisants pour atteindre l’ODD 5 d’ici 2030. Il met également en lumière les avancées réalisées et l’importance de la participation des femmes aux décisions qui façonnent les sociétés.
Le nouveau rapport d’ONU Femmes dresse un état des lieux sur l’égalité entre les femmes et les fommes
Publié par ONU Femmes et le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies, le Gender Snapshot 2026 dresse un état des lieux des progrès accomplis en matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans les 17 Objectifs de développement durable. À quatre ans de l’échéance de l’Agenda 2030, le constat reste préoccupant. Aucun des indicateurs associés à l’ODD 5 consacré à l’égalité entre les sexes n’est actuellement en bonne voie pour atteindre les objectifs fixés pour 2030.
L’un des principaux enseignements concerne l’accès des femmes aux lieux de décision. Au 1er janvier 2026, elles occupent 27,4 % des sièges dans les parlements nationaux. Leur représentation dans les gouvernements locaux atteint 35,6 % et 30,5 % des postes de direction dans les entreprises sont occupés par des femmes. Ces chiffres progressent, mais à un rythme trop lent pour parvenir à la parité dans les prochaines années.
Le rapport montre pourtant que la présence des femmes dans les espaces de décision produit des effets au-delà de la seule représentation. Selon les données rassemblées par les Nations unies, lorsque les femmes disposent d’un véritable pouvoir de décision, les politiques prenant en compte les enjeux d’égalité sont davantage mises en avant et des avancées peuvent être observées dans plusieurs domaines de l’Agenda 2030, notamment l’éducation, la réduction de la pauvreté, la protection de l’environnement ou encore la paix. La progression de leur présence dans les institutions constitue donc aussi un levier pour faire évoluer les politiques publiques.
Des évolutions positives sont également visibles dans les cadres juridiques. Entre 2019 et 2025, 99 réformes visant à renforcer les droits des femmes ont été recensées dans le monde. Les budgets intégrant une dimension d’égalité entre les femmes et les hommes se développent également. En 2025, 123 pays avaient adopté au moins certains éléments de budgétisation sensible au genre, contre 69 en 2018.
Ces avancées restent néanmoins fragiles. En 2026, 32 % des mécanismes nationaux chargés de promouvoir l’égalité ont déclaré avoir vu leur poids institutionnel diminuer au cours des deux dernières années. Les financements consacrés à l’égalité sont également sous pression. Parallèlement, les femmes continuent d’assumer une part disproportionnée du travail domestique et de soin non rémunéré et restent fortement exposées aux violences. Près d’une femme sur trois a subi au cours de sa vie des violences physiques ou sexuelles.
Le Gender Snapshot 2026 rappelle ainsi que l’égalité entre les femmes et les hommes ne constitue pas un objectif isolé. Elle conditionne les progrès dans de nombreux domaines de l’Agenda 2030. Les avancées enregistrées montrent que des changements sont possibles lorsque les droits sont renforcés, que les moyens sont mobilisés et que les femmes participent pleinement aux décisions. Mais le rythme actuel reste insuffisant pour atteindre l’égalité d’ici 2030. L’enjeu des dernières années de l’Agenda 2030 est donc autant de consolider les progrès réalisés que d’accélérer les transformations encore nécessaires.
Pour aller plus loin…
- Gender snapshot 2026 (Etat des lieux de l’égalité entre les femmes et les hommes)
- Communiqué de presse
- Rapports antérieurs