Tendances de la France pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030

ODD12 - Établir des modes de consommation et de production durables

Déchets dangereux traités
Évolution *Dernière valeur **Tendance pour parvenir
à l'ODD en 2030

+ 8 points sur 2014-2018

AnnéeValeur
201470,50
201665,10
201878,50
78,5 %
Favorable

La production de déchets dangereux est passée de 12,1 millions de tonnes (Mt) en 2018 à 11,2 Mt en 2020, soit 3,6 % des déchets produits en France. Ceci est dû en partie au ralentissement de l’activité économique en 2020. Quatre secteurs regroupent près de 80 % des déchets dangereux produits : le secteur de la production et distribution d'eau, de l’assainissement, de la gestion des déchets et de la dépollution, la construction, l’industrie chimique et le tertiaire. 310 Mt de déchets ont été produites en France en 2020, soit une diminution de 9,7 % par rapport à 2018. Les déchets minéraux représentent 66 % des tonnages, les autres déchets non dangereux, 30 %, et les déchets dangereux, 4 %. Les ménages produisent peu de déchets dangereux : essentiellement des véhicules hors d’usage et des déchets d’équipements électriques et électroniques.


Emplois de l’économie circulaire (en équivalent temps plein)
Évolution *Dernière valeur **Tendance pour parvenir
à l'ODD en 2030

+ 6,7 % sur 2013-2018

AnnéeValeur
20131 141 000,00
20141 141 000,00
20151 148 000,00
20161 156 000,00
20171 190 000,00
20181 217 000,00
1 217 000 ETP
Favorable

En 2017, le recyclage et la réparation mobilisent 455 600 emplois (nombre de personnes employées quelle que soit la durée de travail). Cela représente 1,6 % de l’emploi total en France. Avec 370 500 emplois, l’« allongement de la durée d’usage » contribue pour les quatre cinquièmes du total et le « recyclage » pourvoyant 85 000 emplois. Parmi les secteurs concourant à l’allongement de la durée d’usage, le secteur de l’entretien et de la réparation automobile est de loin celui qui concentre le plus d’emplois avec 168 000 personnes, soit 45 % du total. Le secteur de la réparation de machines pourvoit 40 500 emplois et celui de la réparation d’ordinateurs 30 500. Plus en aval, le secteur du commerce de détail de biens d’occasion en magasin mobilise 14 600 emplois, soit 1,6 % de l’emploi dans le commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire (également hors carburants et produits pharmaceutiques). S’agissant du « recyclage », les activités de récupération de matériaux triés offrent un peu plus de 53 000 emplois, le reste étant pourvu par les activités de collecte des déchets (près de 30 000 emplois) et de démantèlement d’épaves (2 000 emplois).


Projets d’écologie industrielle et territoriale
Évolution *Dernière valeur **Tendance pour parvenir
à l'ODD en 2030

+ 37 % sur 2015-2019

AnnéeValeur
201570,00
201996,00
96
Favorable

Selon le réseau national des acteurs de l’écologie industrielle et territoriale (Synapse), 152 démarches actives d’écologie industrielle et territoriale (EIT) sont recensées en août 2020, les deux tiers ayant été lancées au cours des trois dernières années. Toutes les régions disposent désormais d’au moins une démarche de ce type. Deux types de synergies peuvent être mis en œuvre : • des synergies de mutualisation, qui permettent de rationaliser l’utilisation des ressources : équipements (partage de biens entre plusieurs entreprises pour favoriser l’usage à la propriété - services ou transports (gestion des déchets, covoiturage, gardiennage) - achats groupés - formations. • des synergies de substitution, permettant d’utiliser les flux sortants d’une entreprise comme intrants pour une autre : flux hydrauliques et thermiques (réutilisation des eaux usagées, récupération de chaleur) - flux énergétiques (réinjection de biogaz, autoconsommation d’électricité locale) - flux de déchets (valorisation des sous-produits, valorisation des effluents).


Consommation intérieure de matières par habitant
Évolution *Dernière valeur **Tendance pour parvenir
à l'ODD en 2030

- 3,3 % sur 2013-2018

AnnéeValeur
201312,00
201411,70
201511,10
201610,90
201711,70
201811,60
11,6 tonnes
Modérément favorable

Entre 2007 et 2018, la consommation intérieure de matières baisse de 19 %, passant de 14,3 tonnes par habitant (t/hab.) à 11,6 t/hab. Les matériaux de construction, liés aux infrastructures de travaux publics notamment, ont largement contribué à cette diminution : ils représentent près de la moitié du total des matières consommées en France et ont été moins consommés à la suite de la crise économique de 2008. La consommation intérieure de matières illustre quantitativement une des pressions exercées sur l’environnement et témoigne du comportement plus ou moins économe en ressources. Parmi le panel des matières consommées, certaines sont renouvelables (biomasse). D’autres ne le sont pas : matières minérales (minerais, métalliques ou non) et combustibles fossiles (l’eau n’étant pas comptabilisée dans cet indicateur). Les minéraux (398 millions de tonnes - Mt - en 2018), utilisés principalement dans la construction, constituent la moitié des matières consommées en France (774 Mt au total en 2018). La biomasse (254 Mt en 2018) en représente près d’un tiers. Les combustibles fossiles, dont deux tiers de produits pétroliers, avoisinent 16 % du total. Au-delà des évolutions de l’activité dans le BTP, les fluctuations de la production agricole contribuent de façon significative aux évolutions de la consommation de matières depuis 2013.


Empreinte matières par habitant
Évolution *Dernière valeur **Tendance pour parvenir
à l'ODD en 2030

- 0,7 % sur 2013-2018

AnnéeValeur
201314,00
201413,80
201513,00
201613,00
201714,00
201813,90
13,9 tonnes
Modérément favorable

Estimée à 16 tonnes par habitant (t/hab.) en 2008, l’empreinte matières se stabilise autour de 14 t/hab. entre 2009 et 2014. Elle diminue ensuite avant de remonter à son niveau antérieur (14 t/hab. en 2017 et 13,9 t/hab. en 2018). Les combustibles fossiles et les minerais métalliques, très faiblement extraits du territoire national (0,2 % de l’extraction intérieure), sont essentiellement importés, contrairement à la biomasse et aux matériaux non métalliques. Lorsque les quantités de ces matières sont exprimées en équivalent matières premières, c’est-à-dire que les flux indirects sont pris en compte (par exemple : combustibles utilisés pour produire l’acier importé), les importations totales apparaissent 2,6 fois plus élevées. Cela alourdit l’empreinte matières, qui est supérieure à la consommation intérieure apparente d’environ 20 %. La crise de 2008 a particulièrement impacté le secteur de la construction, entraînant une baisse de la mobilisation de minéraux non métalliques (graviers et sables, granulats). La répartition de l’empreinte matières par grandes catégories de matières reste cependant relativement stable sur la période : forte importance des matériaux de construction qui représentent près de la moitié des matières consommées, environ un quart de biomasse, un cinquième de combustibles fossiles et 10 % de minerais métalliques.


Déchets dangereux et non dangereux traités
Évolution *Dernière valeur **Tendance pour parvenir
à l'ODD en 2030

+ 2,4 points sur 2014-2018

AnnéeValeur
201492,40
201694,10
201894,80
94,8 %
Modérément favorable

En 2018, 343 millions de tonnes de déchets ont été produites, soit 5,1 tonnes par habitant, ce qui correspond par ailleurs à la moyenne européenne. Les déchets minéraux représentent près de 69 % des tonnages, les autres déchets non dangereux, 28 %, et les déchets dangereux, 3 %. La loi transition énergétique pour la croissance verte fixe à 65 % le taux de valorisation matière des déchets non dangereux et à 50 % la réduction de leur mise en décharge en 2025 et la valorisation matière de ces déchets est à 53 %. Le Plan National pour la Prévention des Déchets pour la période 2021-2027 actualise les mesures de planification de la prévention des déchets au regard des réformes engagées en matière d’économie circulaire depuis 2017 (Feuille de route économie circulaire d’avril 2018, loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire du 10 février 2020). En raison de la pandémie de Covid-19 et de l’arrêt de l’économie, tous les secteurs économiques ont vu leur production de déchets diminuer et principalement l’industrie (- 24 %), la construction (- 11 %), à l’origine de 69 % des déchets, et le secteur du traitement de l’eau et des déchets (- 8 %). Les ménages sont les seuls à avoir vu leur production augmenter (+ 13 %), du fait des confinements et de la généralisation du télétravail.


Pertes et gaspillages alimentaires par habitant
Évolution *Dernière valeur **Tendance pour parvenir
à l'ODD en 2030

Une seule valeur en 2015

AnnéeValeur
2015150,00
150 kg
Non évaluable

Selon les données du gaspillage alimentaire de 2020, rapportées pour la première fois à Eurostat en 2022 (rapportage fondé sur la définition du gaspillage alimentaire inscrite dans les ODD), le gaspillage alimentaire en France aurait diminué de 10 % entre 2016 et 2020, soit un peu moins de 9 Mt en 2020 (133 kg par habitant tous secteurs confondus) contre 10 Mt en 2016, avec des diminutions conséquentes dans les secteurs de la consommation hors domicile et de la distribution, et une hausse significative dans le secteur de la fabrication (industries agroalimentaires). Ces données sont à appréhender avec une grande prudence tant en raison de la nature perfectible de la méthode de collecte des données, que de l’année concernée par ce rapportage, à savoir 2020, période de crise sanitaire, qui a fortement perturbé le fonctionnement de la chaîne alimentaire depuis la production jusqu’au consommateur. La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire du 10 février 2020 fixe comme objectifs de réduire le gaspillage alimentaire, d'ici 2025, de 50 % par rapport à son niveau de 2015 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective et, d'ici 2030, de 50 % par rapport à son niveau de 2015 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.


Source :Insee, Tableau de bord des indicateurs pour le suivi national des objectifs de développement durable - paru en janvier 2022. Traitements SDES

* Évolution : depuis la dernière valeur disponible, évolution sur une période de 5 ans (plus ou moins longue selon la disponibilité des données).

** Dernière valeur : valeur correspondant à la dernière année du graphique d’évolution.

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